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Méfaits de la viande, du sucre et de l'alcool sur la santé


Méfaits de la viande, du sucre et de l'alcool sur la santé

 

Résumé d'une bonne alimentation selon les conseils du Docteur Henri Durville (Cours de magnétisme personnel).

 

Les trois aliments meurtriers : La viande, le Sucre et l'Alcool:

 

Aux méthodes incomplètes qui se proposent de vous donner santé, succès, bonheur, pouvoir, nous substituons une méthode synthétique.

 

Sa supériorité à notre sens, vient de ce qu'elle comprend et utilise la connexité que présentent les trois parties de l'usine humaine.

 

La machine physiologique a pour but de créer la force nerveuse, grâce:

 

a)    à l'appareil digestif qui forme le sang;

 

b)    à l'appareil circulatoire qui le transporte pour nourrir les organes;

 

c)    à l'appareil respiratoire qui le purifie;

 

d)    au système nerveux composé:

 

1° du système rachidien dominé par l'encéphale, centre moteur et sensitif de l'organisme; 

 

2° du grand sympathique qui règle automatiquement les appareils vitaux.

 

Le contre-maître de l'usine ou inconscient conserve:

 

1° nos souvenirs;

 

2° nos sentiments;

 

3° nos actes. Qui le connaît bien peut deviner la pensée d'autrui, les calculs d'autrui, le caractère d'autrui.

 

Connaître bien l'inconscient, c'est lutter ensuite victorieusement contre la timidité, le trac; c'est comprendre le mécanisme de certains rêves. C'est s'expliquer la nature de tous les faits conscients qui sont à l'inconscient ce que la flamme est au feu

 

Le directeur de l'usine c'est l'esprit. Ses propriétés générales sont:

 

1° la mémoire;

 

2° l'habitude;

 

3° l'association;

 

4° l'attention. Nous pouvons, en étudiant ces propriétés, nous en rendre maître et former en nous une personnalité puissante.

 

Vous parviendrez à la merveilleuse synthèse des 3 éléments composant l'être humain en surveillant:

 

1°. — Votre alimentation, votre respiration, vos exercices physiques;

 

2°. — En développant en vous l'auto suggestion; en acquerrant un regard magnétique;

 

3°. — En vous habituant à la concentration mentale et à l'isolement.

 

Ceci vous conduira à la parfaite maîtrise de vos impulsivités, à un sentiment de force, d'équilibre, de bien-être. Mais ce n'est là qu'une première étape.

 

En persévérant dans l'étude, de magnifiques horizons se découvriront à vos yeux. De jour en jour, vous vous rendrez compte que le véritable but de la vie est votre perfectionnement, mais à la condition que ce perfectionnement serve autour de vous. Efforcez-vous donc, chaque jour, de gagner des qualités physiques, intellectuelles et morales. En ce faisant, vous cheminerez d'un pas plus rapide sur le chemin de l'évolution.

 

Tel est le but de l'initié.

 

L'alimentation

 

« II faut veiller à la bonne santé du corps. Prends avec mesure les aliments, les boissons et les exercices qui te sont nécessaires. Ta juste mesure sera celle qui t'empêchera de t'amollir. Aussi, devras-tu t'habituer à un régime pur et sévère. »

 

Pythagore (Vers d'or recueillis par Lysis).

 

« L'organisme est comparable à un moteur qui développe habituellement telle puissance et atteint exceptionnellement tel maximum. L'ignorance de la puissance du moteur humain a pour conséquence son utilisation défectueuse au point de vue du rendement en travail. Dans certains cas, on demande à l'organisme de fournir des efforts trop intenses pour sa puissance, ce qui le détériore rapidement ; dans d'autres cas, au contraire, on ne lui fait produire que des efforts trop faibles, c'est-à-dire on l'utilise incomplètement. »

 

G. Hébert. — Le Code de la force.

 

« De tout ce qui regarde le corps, comme le manger, le boire, les vêtements, la maison, les gens de la maison, n'aie que le strict nécessaire. Tout ce qui est pour l'ostentation ou la sensualité, supprime-le entièrement. »

 

Epictète

 

Nécessité de soigner tous les rouages de la machine humaine.

 

— La plupart de nos maux proviennent d'une alimentation excessive en quantité, mauvaise en qualité. — Les excès en quantité et leurs fâcheuses répercussions sur notre organisme. — La qualité des aliments à ingérer. Le danger que présentent les aliments concentrés. — Le foie, organe de surveillance. Le signe d'alarme hépatique. — Intoxiqués maigres et intoxiqués gras. — Les signes de fatigue d'origine alimentaire. —

 

Les trois aliments meurtriers:

 

1° La viande.

 

2°. Le sucre. 

 

3°. L'alcool.

 

Cherchons à bannir de notre régime tout excitant. Apprenons à vouloir. — Valeur nutritive des principaux aliments. — La meilleure boisson est l'eau. — Les aliments défendus, à surveiller et permis. — Un régime excellent pour quelqu'un peut être mauvais pour le voisin. — L'ingestion des aliments est un acte qui mérite toute notre attention: la mastication, le nombre et l'heure des repas. — Rations alimentaires pour deux adultes sédentaires pesant 60 et 70 kg. — Ce n'est pas tout d'absorber des aliments, il faut savoir les manger. — L'exercice après le repas. — Le danger d'un brusque retour à la vie saine. — Comment on s'accoutume progressivement à un régime sain. — Notre régime alimentaire est celui qui convient le mieux à l'homme. 

 

Ami lecteur, je veux qu'aujourd'hui soit un jour qui marque dans votre vie. 

 

Résumé.

 

Vous désirez tendre vers un parfait équilibre physique et moral ! Vous voulez devenir un tout harmonieux Soignez d'abord vos organes.

 

Rappelez-vous, en effet, que nous avons comparé votre corps à une usine, où se trouvent d'abord des ouvriers : ce sont ces organes, qui remplissent les fonctions essentielles de votre vie: digestion, circulation, respiration, innervation. Ces ouvriers sont surveillés par un contre-maître: votre inconscient, c'est-à-dire cette force qui, dans votre économie, organise sans que vous vous en doutiez. Enfin, un directeur guide tout l'ensemble: c'est la conscience.

 

Toute usine, pour produire un rendement maximum, doit posséder des machines bien entretenues, un contre-maître bien dressé, un directeur habile et prévoyant. De même, votre usine humaine doit avoir des organes qui fonctionnent bien, un inconscient qui ait pris de bonnes habitudes, et une conscience soucieuse de son rôle directeur.

 

Pour que vous teniez bien votre usine, apprenez d'abord à entretenir en parfait état tous ses rouages. Afin d'y parvenir surveillez chez vous:

 

1°. — L'alimentation;

 

2°. — La respiration;

 

3°. — Les exercices physiques.

 

Tous ceux qui ont cherché à définir la vie humaine normale, à la rendre plus longue, ont trouvé que la plupart d'entre nous se suicident sans le savoir en mangeant trop. Nous encrassons les chaudières de nos machines à force de les alimenter.

 

Vous croyez qu'en mangeant beaucoup vous acquerrez plus de forces, plus de bien-être, plus de santé. Quelle erreur ! Beaucoup se « gavent » comme des bêtes à l'engrais.

 

Ils ne font que s'intoxiquer. Nombre d'aliments sont des poisons redoutables qui donnent une activité factice et préparent les pires désastres organiques. Pis encore ! Vous vous donnez des coups de fouet, et même des coups d'aiguillon. Un jour ou l'autre, vous paierez ces imprudences. D'abord, vous aurez d'autant plus besoin de ces stimulants dangereux que vous y aurez recouru souvent. Ensuite, à mesure que ces coups de fouet se succéderont, votre volonté, qui paraîtra plus puissante, parce que vous serez coléreux, emporté, diminuera, et votre inconscient s'étendra toujours plus à l'aise sur un domaine de plus en plus vaste.

 

L'être humain qui se suralimente ne peut plus maîtriser les forces obscures qui commandent à ses organes. Il s'affole en face du danger. Il ne sait plus résister à ses désirs, même quand il les sait funestes. Il devient impulsif; il prend ses emportements pour des actes volontaires. Ses idées sont arrêtées; il croit trouver dans ses entêtements la preuve qu'il juge sainement. Il se croit bien équilibré, alors que tous ses actes montrent chaque jour, de plus en plus, qu'il est l'esclave d'un organisme mal dirigé, qu'il est la victime des habitudes qu'il s'est lui-même donné.

On peut dire que la plupart de nos maux proviennent d'une alimentation excessive en quantité, mauvaise en qualité.

 

1° Nous mangeons trop.

 

2° Nous mangeons mal.

 

3° Notre nourriture est trop excitante, nous ne sommes pas faits pour elle.

 

Pour l'excès en quantité, la punition de cet abus est facile à prévoir. Les nourritures encombrent notre tube digestif, d'où ces dilatations d'estomac, si fréquentes de nos jours. Les aliments s'entassent dans l'intestin où ils sont peu, ou mal, ou point assimilés; ils fermentent; ce phénomène amène la production de toxines, qui passent dans l'organisme et y créent toutes sortes de misères.

 

Cet empoisonnement lent ne tarde pas à prendre une forme générale et à troubler plus ou moins complètement toute l'économie humaine. L'organisme surexcité par des excès de nourriture devient nerveux et fébrile, apte à toutes les maladies.

 

Ecoutons ce que disent de ce gavage intensif et des troubles auxquels il donne lieu, des médecins autorisés:

 

« Un fait incontestable, écrit le Docteur Noirot, c'est que l'homme civilisé mange trop, et consomme presque toujours, surtout en matières animales, beaucoup plus que n'exige

l'entretien de la vie. La nature se contente de peu; dans nos habitudes sociales, l'appétit est souvent factice. » ( Docteur L. Noirot. — L'Art de vivre longtemps, Paris, s. d. ).

 

On rapporte que le Docteur Héquet, visitant ses malades aisés, ne manquait pas d'aller à la cuisine et s'adressant aux cuisiniers: « Mes amis, leur disait-il, je vous dois de la reconnaissance pour tous les bons services que vous nous rendez, à nous autres médecins. Sans votre art empoisonneur, la Faculté irait bientôt à l'hôpital. »

 

Le Docteur J. Laumonier signale le danger que présentent les nombreux et copieux repas que nous nous croyons obligés de prendre. « En France, dit-il, on fait d'ordinaire trois repas: l'un le matin avant le travail, le second à midi, le dernier le soir. Cependant dans les grandes villes et parmi les classes riches, où l'on se crée facilement des besoins factices, certaines personnes ajoutent à ces repas un goûter dans l'après-midi et même un souper la nuit. C'est là un abus — non que le fractionnement des repas soit chose nuisible, bien au contraire, — mais parce qu'alors les aliments sont trop abondants, eu égard au travail produit, souvent lourds et qu'ils s'avalent sans appétit ou avec un appétit artificiellement excité; d'où résultent assez vite des troubles plus ou moins graves de l'appareil digestif. En outre, les repas sont toujours suivis d'une élévation de température et d'une excitation qui, si elle se répète trop souvent, comme c'est le cas pour les gens qui font quotidiennement quatre à cinq repas, finit par aboutir à la neurasthénie.

 

« Par contre, il est des personnes qui ne mangent vraiment qu'une fois par jour. Le danger ici n'est pas moindre, car, la faim étant pressante, on dévore, avec précipitation, sans prendre le temps de mastiquer; on se surcharge l'estomac, tout en assimilant fort mal, et les accidents gastriques qui ne tardent pas à éclater ne précèdent que de peu cet état d'appauvrissement désigné sous le nom de misère physiologique.

 

« Par conséquent, l'alimentation des enfants et des convalescents mise hors de cause, les adultes bien portants et même beaucoup de malades, les diabétiques et les dilatés en particulier, doivent s'en tenir à la coutume, c'est-à-dire deux grands repas et un léger déjeuner le matin au réveil. »

Louis Lucas, qui a laissé d'importants travaux sur la médecine et la chimie nouvelles, jette aussi un cri d'alarme: « Les grands mangeurs, écrit-il, activent leurs fonctions végétatives, doublent leurs éliminations et leurs excrétions; ils ont un moi moins conscient, moins actif et moins lucide, et le mouvement en plus qu'ils donnent aux organes industriels du corps, c'est-à-dire aux viscères, en allant frapper le cerveau, amène des hallucinations et des dérangements intellectuels; les gros mangeurs tendent à devenir hypocondriaques, inconscients, impuissants et idiots. »

 

Le Docteur H. Michaud écrit: « Voulez-vous vivre vieux et rester sain, soyez sobre: telle est la loi primordiale de toute hygiène de la vieillesse. » (Docteur Michaud. — Pour vivre vieux, Paris, s. d. )

 

« Seule, dit le Docteur Monin, une sobriété de tous les instants jointe à une activité physique jamais démentie, préservera de catastrophes prématurées ces Damoclès si communs dans notre bourgeoisie contemporaine. Qu'ils cessent de penser surtout par le ventre, et ils ne creuseront pas, comme l'a dit James Eyre, leurs tombes avec leurs dents ! La gastrolâtrie est mère de la dyspepsie... La surcharge alimentaire est, il n'en faut pas douter, la raison majeure de la plupart des troubles digestifs. »

 

Nous pourrions multiplier à l'infini ces citations.

 

Reste à déterminer la qualité des aliments à ingérer.

 

Ici, il faut encore rompre avec de longues et tenaces habitudes, si l'on veut obtenir à la fois des résultats d'ordre psychique et une certitude de longévité.

 

Un préjugé courant, c'est que ceux qui veulent activer la marche de leur machine, aient recours à des fortifiants, à des extraits, à des pilules, à des cachets, à des drogues, sous prétexte qu'ils donnent, sous un petit volume, une suractivité heureuse. Quelle grossière erreur !

 

Le Docteur Gaston Durville, nous dit dans son Art de vivre longtemps: « Se nourrir d'aliments concentrés artificiellement, sous prétexte de se fortifier, ou simplement de se mieux alimenter, c'est se tuer autant et plus peut-être que lorsqu'on s'alimente avec des produits naturels surabondants. » (Docteur Gaston Durville. — L'Art de vivre longtemps, 2e édit., Paris, s. d.).

 

Le surmenage alimentaire a les conséquences les plus funestes. Il provoque des autointoxications. Il nous donne les insomnies, les migraines, les cauchemars, les lourds réveils qui nous laissent plus fatigués que la veille. C'est une des principales causes de la dilatation d'estomac, de la constipation, de la diarrhée et de presque toutes les affections du foie, des reins et de la vessie. Il encrasse et déforme nos articulations et voici les douleurs intolérables de la goutte et du rhumatisme.

 

Si vous vous chargez inconsidérément de nourriture, vos urines deviennent troubles et fétides, votre peau trop grasse. Vous avez des sueurs abondantes. Vos cheveux tombent de bonne heure.

Le cœur, surmené, ne remplissant plus régulièrement son travail de pompe aspirante et foulante, laisse les vaisseaux s'engorger. Il se produit des troubles congestifs, des poussées de chaleur et un besoin de somnolence après les repas, des lourdeurs de tête, des palpitations, des battements de cœur au moindre effort, des rhumes, des varices, des stases veineuses, des hémorragies (saignements de nez... et, chez la femme, des règles abondantes et douloureuses), toutes manifestations d'une mauvaise circulation.

 

Les voies respiratoires fonctionnent mal. L'essoufflement se produit et, pour le plus petit effort, pour quelques centaines de mètres à parcourir ou quelques marches à gravir, vous soufflez comme un asthmatique.

 

Le système nerveux, qui a partie liée avec la circulation et la respiration, est victime d'un état de chose si défectueux. L'intoxiqué devient lourd, paresseux, faible, donc suggestionnable. Cette faiblesse ne peut que s'accroître. Il devient irritable, emporté. Des colères sans motifs, ne le manifestent que trop souvent. La neurasthénie, les idées noires s'emparent de lui avec d'autant plus de facilité que le sommeil le fuit et le prive de sa force réparatrice.

 

II est un moyen simple de vous rendre compte si vos acquisitions alimentaires — solides et liquides — répondent aux besoins de votre organisme. C'est de constater, par vous-même, l'état de votre foie; et ceci vous est particulièrement facile lorsque votre gourmandise ou votre imprévoyance vous ont poussé à vous gaver.

 

Le foie est un organe de surveillance extrêmement précieux. Il neutralise, transforme, détruit ou accumule en lui les produits toxiques que la digestion lui amène. Buvons-nous de l'alcool ? Cet alcool va passer par le foie. Sous l’influence de ce poison, les cellules hépatiques vont être fortement lésées; après s'être énergiquement défendues, elles vont s'atrophier. Et les « petits verres », ajoutés quotidiennement aux « petits verres », vont donner à l'alcoolique une lésion grave: la cirrhose atrophique. Alors le foie ne remplit plus le rôle de protection organique auquel il est destiné, et c'est bientôt tout un cortège de maux amenant l'alcoolique, véritable épave humaine, à la folie, au délirium tremens, à la mort.

 

Quand le poison est moins violent que l'alcool, il se produit au foie une lésion d'aspect différent; emplissons-nous notre estomac d'une alimentation trop abondante, nous « gavons-nous » ; alors le foie accumule en lui, sous forme de substances diverses (glycogène, graisse) le surplus de ce qui est nécessaire au renouvellement de nos cellules. En outre, de la graisse va se fixer en différents endroits du corps; nous « prenons du ventre » ; les femmes voient non sans inquiétude leurs formes prendre chaque jour des proportions plus grandes; le double menton vient modifier l'harmonie de leur visage.

 

Cette surcharge de graisse, non seulement va se placer sous la peau du ventre, des hanches, des seins, du cou..., mais elle envahit nos organes.

 

Vous connaissez sans doute comment les éleveurs s'y prennent pour suralimenter les oies et obtenir le délicieux « foie gras »? Ils obligent ces animaux à une suralimentation extrêmement abondante et comme la bête se refuse d'instinct à cette pratique, ils la gavent de force. Ces oies engraissent et leur foie, qui va s'encombrer lui aussi de graisse, prend bientôt des dimensions énormes, à la grande satisfaction du gaveur qui y trouve un large profit.

 

Ce que certains font pour les oies, beaucoup de nos contemporains le font sur eux-mêmes. Ils se gavent à plaisir. Et la conséquence, quoique plus lente, n'en est pas moins dangereuse. A nous gaver, nous encombrons notre foie de cellules graisseuses et comme cet organe ne suffit plus à son rôle, il nous prédispose bientôt aux maladies les plus graves.

 

Quantité de gens, d'ailleurs, se gavent sans s'en rendre compte; ils se rendent malades sans s'en douter; ils se croient simplement « bons » mangeurs et se félicitent de leur appétit. La constatation de l'extraordinaire fréquence de la suralimentation, chez nos contemporains à fait dire, non sans raison, au Docteur Gaston Durville cette phrase: « Nous sommes tous des gavés. »

Le travail anormal, la suractivité que vous imposez peut-être à votre foie, vous pouvez vous-même les suivre, vous en rendre compte. Le foie est situé à votre côté droit immédiatement derrière, les côtes inférieures; lorsqu'il est en suractivité, il grossit, et son lobe gauche déborde devant l'estomac. De plus, il est d'une grande sensibilité. Il s'ensuit que si vous avez un foie congestionné, pléthorique, il vous suffira d'appuyer vous-même avec l'extrémité des doigts au creux de l'estomac pour provoquer aussitôt une gêne ou une douleur, d'autant plus vives que votre foie sera plus surmené, plus atteint.

 

Les médecins naturistes, c'est-à-dire ceux qui veulent ramener l'être humain à la santé en se conformant aux lois de la nature, ont signalé ce signe d'intoxication alimentaire.

 

Le Docteur Gaston Durville, dans l'ouvrage déjà cité, déclare nettement: « Le surmenage du foie se traduit par des poussées fébriles douloureuses de cet organe. Le signe de cette pléthore hépatique réside dans la sensibilité du creux épigastrique. » Le creux épigastrique correspond au lobe gauche du foie, et non à l'estomac.

 

Le Docteur Pascault s'appesantit sur ces manifestations congestives du foie.

 

« C'est parfois, dit-il, dans le côté droit, une pesanteur sourde qui dure plusieurs jours consécutifs. Mais un phénomène infiniment plus fréquent, c'est une douleur localisée au creux épigastrique, exactement au sommet de l'angle rentrant formé par le rebord des côtes ou un peu plus bas à droite: douleur superficielle, souvent assez marquée pour forcer la femme à se délacer où à adopter le corset bas (signe des temps !), pour obliger l'homme à se desserrer et à porter bretelle. Cette sensibilité épigastrique, généralement fugitive et ne se faisant sentir que dans les heures qui suivent immédiatement le repas, est en relation, non avec une souffrance de l'estomac (lequel est situé plus bas, à gauche et plus profondément), mais avec la congestion d'une partie du foie, que nous avons appelée le « lobe d'alarme », parce qu'elle dénonce les perturbations digestives d'une manière très précoce et très sûre. »

 

(D'après M. Letulle: Inspection, palpation...)

 

L'organe qui nous intéresse ici est le foie. C'est une masse charnue très volumineuse, d'un brun rouge qui est placée à droite du corps, contre le diaphragme immédiatement sous les dernières côtes (5e et 10e ). Le lobe gauche du foie s'étend à la ligne médiane du corps sur l'estomac qu'il recouvre en partie. Lorsque nous nous suralimentons, notre foie grossit et devient douloureux à la palpation.

 

Qui se refuserait, sachant les dangers auxquels il court peut-être, à vérifier lui-même l'état de son foie ? Ne vous effrayez pas surtout s'il est douloureux et ne vous croyez pas atteint des pires maladies ! Que chacun le sache, cette sensibilité du creux de l'estomac est un signe d'alarme. Il doit vous montrer si vous vous êtes éloigné des lois de la nature.

 

Dans les cas peu graves, on se guérira soi-même en se mettant au régime alimentaire sain, en faisant des exercices respiratoires, de la marche active au plein air. Le massage manuel doux, s'adressant directement au foie, et exécuté par un masseur habile, ainsi que l'air chaud (Des applications d'air chaud sont faites à notre Fondation de Neuilly avec l'appareil breveté du Docteur Marcel Viard: Le Mill.) ont rapidement raison des lésions plus profondes.

 

La recherche de la sensibilité du creux épigastrique.

 

Le foie, normalement, déborde devant l'estomac, au creux épigastrique. Lorsque nous nous suralimentons, notre foie grossit et  devient douloureux. Nous avons un moyen de nous rendre compte de l'état de santé de cet organe en nous palpant nous-même à la pointe du sternum, immédiatement sous les côtes. Si la pression des doigts fait naître une douleur, c'est que notre masse hépatique est congestionnée. C'est là un signe d'alarme qui doit nous décider à vivre plus sainement.

 

Revenons encore aux troubles d'intoxication, car il nous faut en bien montrer la cause réelle.

Il y a deux catégories d'intoxiqués alimentaires:

 

1°. — Les intoxiqués maigres au foie souvent atrophié, à la figure pâle, jaunâtre, quelquefois émaciée;

 

2°. — Les intoxiqués gras au ventre rebondi, à la démarche lourde.

 

Voici un portrait précis que nous trace le Docteur Paul Carton des intoxiqués gras, qu'il appelle des « intoxiqués florides » :

 

« II y a, dit-il, la légion des athlètes carnivores, des souleveurs de poids, des lutteurs, boxeurs et batteurs de records. Ces lutteurs monstrueux, masses de muscles hypertrophiés et de graisse croulante... ne soulèvent pas mon admiration, parce que ce sont des cas d'hyperfonctionnement morbide. L'hypertrophie de leurs tissus comme de leurs performances est pathologique, parce que provoquée par des moyens antiphysiologiques qui font rendre à leurs organes plus qu'il n'est dans la nature de donner et parce que, selon la loi de la vie, toute surexcitation démesurée se paye d'un épuisement et d'une ruine consécutives. L'apogée de ces athlètes est d'ailleurs très passager, la plupart du temps; leur vigueur excessive est un feu de paille qui ne se retrouve pas dans leur descendance. Ce sont des anormaux, des plantes forcées, appelées à être brûlées un jour ou l'autre par l'engrais violent qui est la cause de leur exubérance déraisonnable.

 

» ( Docteur Paul Carton. — Les Trois aliments meurtriers, Paris, 1912, p. 21. )

 

Et le jugement du Docteur Gaston Durville n'est pas moins sévère: « Que les gourmands, les gros mangeurs aient une face rubiconde et un ventre saillant, je ne le conteste nullement, au contraire. C'est de ceux-là qu'on a coutume de dire qu'ils ont bonne mine, qu'ils sont pleins de santé, de force, et que sais-je encore ! II n'est pas moins vrai qu'à brutaliser les organes digestifs on en tare les fonctions. Les bouchers qui sont gavés de viande et que l'on voit à leur devanture avec leur figure injectée et violette et leur ventre en besace, comptent parmi ceux qui meurent les premiers. Congestion cérébrale et maladies de foie sont les tristes résultats de leur gavage intensif. » ( Docteur Gaston Durville. — L'Art de vivre longtemps, 2e édit., Paris, s. d., p.80 ).

 

La suralimentation est, nous ne craignons pas de le dire, un danger social. C'est elle qui est le principal fléau à combattre, elle qui, encrassant les rouages de notre machine, crée l'arthritisme, affaiblit considérablement la résistance de notre organisme, qui ne peut lutter alors efficacement contre les microorganismes. Nous devenons la proie, oh combien facile ? des microbes qui donnent naissance aux maladies les plus graves, comme la tuberculose et le cancer.

 

Les tuberculeux par arthritisme sont légion: neuf sur dix le sont devenus par une alimentation vicieuse, c'est-à-dire grâce à l'arthritisme. Le Docteur Carton ne craint pas d'affirmer que le plus sûr moyen de contracter la tuberculose, c'est de consommer pendant quelques mois de la viande crue.

 

Un grand maître ne s'est-il pas écrié, avec infiniment de raison, que la suralimentation a tué plus de tuberculeux que la tuberculose elle-même ! Quelle erreur clinique, plus, quel crime, commettent les médecins qui suralimentent les pauvres tuberculeux et les conduisent ainsi d'un pas rapide au tombeau !

 

Les médecins naturistes nous le disent: l'arme thérapeutique la plus efficace que nous possédions pour lutter contre la tuberculose, c'est un régime sain, un régime sans viande, le régime végétarien. Et cette opinion résulte d'observations journalières.

 

Nous ne saurions donc trop insister sur les dangers que présente une alimentation surabondante et défectueuse. Ces troubles varient selon nos résistances organiques, selon notre tempérament.

Le Docteur Gaston Durville a précisé de la façon suivante les signes de fatigue d'origine alimentaire chez le sanguin et le bilieux.

 

C'est surtout le foie qui trahit chez les sanguins cet état pathologique. Il amène d'abord, souvent sans fièvre, des poussées congestives et douloureuses qui vont en s'aggravant, mais sans continuité, aussi attribue-t-on à une indigestion passagère ce symptôme isolé d'un état continu. Puis le malaise s'installe au creux de l'estomac. Si le foie se fatigue à nouveau, on voit à la longue apparaître de gros troubles congestifs : congestion hépatique non-seulement du lobe gauche, mais de tout l'organe, avec débordement en dessous des côtes, phénomènes douloureux, violents dans le côté droit, dans la vésicule biliaire, dans le dos, l'épaule droite et le bras droit, débordements biliaires et évacuation ou non de calculs.

 

« L'accident passé, dit plus loin le Docteur Gaston Durville, l'individu revient ou semble revenir à la parfaite santé; la crise a été un effort bienfaisant de la Nature pour rétablir l'équilibre rompu; celui qui en a été la victime retrouve une énergie, une activité qu'on remarque et qu'on envie; mais les crises se renouvellent puisque persiste la faute alimentaire qui les produit et, à chaque assaut compensateur que fournit l'organe, la résistance organique de celui-ci s'affaiblit. Alors se manifestent davantage les signes de fatigue arthritique: le sujet se pléthorise, perd ses muscles qui se remplacent par de la graisse, « prend du ventre » ; il s'essouffle au moindre effort; transpire pour rien d'une sueur acide qui brûle son linge et fait tomber ses cheveux. Il devient de plus en plus goutteux et rhumatisant, fait des boutons, des eczémas, des furoncles, des pharyngites, des rhumes, des angines, des palpitations; il devient incapable de penser ou d'agir après le repas et s'endort ou somnole après le dessert. Bien entendu, il considère ses douleurs pendant la digestion comme des phénomènes normaux et attribue au froid tous les autres troubles précités... » (Docteur Gaston Durville: La volonté et la fatigue. Journal du Magnétisme avril 1917, janv. et févr. 1918. )

 

L'encombrement hépatique ne tarde pas à provoquer à distance des troubles mécaniques de circulation par suite de la compression de la veine cave et de la veine porte dans le foie. Il en résulte des varices, des hémorroïdes et, chez les femmes, des fibromes et diverses autres incommodités de l'utérus. II se produit fréquemment, dans ces cas, des hémorragies utérines ou hémorroïdaires qui peuvent, si elles sont traitées avec soin et en temps utile, décongestionner le malade. Comme, généralement, on attribue ces malaises à toute autre cause qu'aux excès alimentaires, on ne s'aperçoit pas que cette intoxication funeste crée des inflammations chroniques des reins et que l'on prépare là place aux coliques néphrétiques lesquelles ne se font point attendre. Heureux ce gastronome impénitent, si une apoplexie mortelle ne vient pas le guérir définitivement de toutes ses maladies !

 

Pour les bilieux, le danger de la suralimentation, s'il est différent, n'est pas moins grave. Chez eux, la fatigue digestive se traduit par une irritabilité nerveuse, prélude de l'insomnie. Une fois au lit, le bilieux est agité, il se sent un irrésistible besoin de se remuer, le sommeil le fuit et, moins il dort, plus l'agitation nocturne gagne du terrain .Il arrive souvent que le médecin ne voit que ce symptôme et n'en cherche pas la cause: il prescrit une potion calmante qui fait dormir vaille que vaille, d'un sommeil peuplé de cauchemars. La langue demeure sale, le corps est courbaturé comme après une excessive fatigue corporelle. Du côté de l'estomac, le mal se caractérise par des « crises d'abord isolées et fugaces d'acidité, d'aigreurs, accompagnées de nausées et de dégoût des aliments. Invariablement, dans ces cas, on incrimine l'anémie, la faiblesse générale, la dyspepsie nerveuse, et on suralimente le patient, ce qui ne fait qu'aggraver son mal. Si on palpe l'estomac avec précaution on constate toujours qu'il est dilaté. Cette dilatation peut être minime; mais généralement, elle est assez importante. On peut trouver des estomacs dilatés et abaissés jusqu'à 3, 4, 5, 6 travers de doigt au-dessous de l'ombilic et, ce qui est étrange, c'est qu'il est de ces outres clapotantes, gargouillantes et fermentantes, qui ne sont aucunement douloureuses. L'estomac est, peut-être, l'organe qui se laisse le mieux martyriser sans rien dire. Il est néanmoins de ces estomacs dilatés et clapotants qui sont douloureux.

 

« Le foie, qui est passé, antérieurement, par une phase d'hypertrophie, tend à diminuer: il y a insuffisance et souvent en même temps, rétention biliaire, celle-ci produisant la teinte de peau jaunâtre caractéristique des individus bilieux. Le surmenage intestinal se révèle par des diarrhées généralement fétides, alternant avec des périodes de constipation opiniâtre. La fosse iliaque droite est sensible à la pression profonde; cette sensibilité traduit des lésions du colon; ces dernières vont souvent jusqu'à provoquer l'appendicite. La peau est sèche, les dents se carient et tombent, souvent sans faire beaucoup de mal. L'intoxication générale se manifeste par des troubles de la circulation, et spécialement de la circulation des extrémités des membres. Un signe a une grande valeur au point de vue du diagnostic, — j'ai proposé de l'appeler signe de Carton, du nom du premier qui l'a décrit, — il consiste dans une teinte carminée foncée des ongles des mains, due à la toxicité arthritique, et qui tranche sur la pâleur des téguments voisins. »

 

C'est l'un des indices les plus sûrs de la maladie hépatique par faute alimentaire.

 

On le voit, les troubles qui peuvent naître dans l'organisme d'une alimentation surabondante et mal comprise sont assez graves pour devoir être pris en considération. Il nous faut d'autant mieux y songer que le danger est méconnu. Ces troubles portent, à notre santé physique, une atteinte qui a nécessairement sa répercussion sur nos facultés intellectuelles et morales. Le sanguin, endormi et colérique, ainsi que le bilieux, à la figure émaciée, au teint jaunâtre et qui, sous l'exaspération nerveuse causée par sa mauvaise alimentation, devient constamment irritable, doivent tous deux modifier leur tempérament en se donnant une nourriture plus saine et mieux appropriée à leurs besoins physiologiques.

 

Nous ne devons pas considérer notre corps comme le but de notre travail et de nos recherches, mais comme un animal au service de notre esprit; il a donc droit aux soins, aux bons traitements que l'on doit à tout être à qui l'on demande une certaine somme de travail. Nous lui sommes beaucoup plus funestes par une alimentation exagérée et mal comprise que par des privations même excessives.

 

Nous venons de signaler les dangers que présentent, d'une façon générale, les aliments pris en trop grande quantité. Il nous faut maintenant envisager les dangers que nous courons en recherchant un excès de qualité.

 

Non seulement, d'une façon générale, nous mangeons trop, mais nous mangeons trop bien. Régler, même strictement, la quantité des aliments ingérés n'est pas tout, si nous voulons acquérir une santé robuste. Il faut déterminer quelle doit être leur qualité.

 

Nous ne saurions trop insister sur les dangers auxquels nous exposent certains aliments si on les prend en abondance et sur les tares qu'ils laissent après leur passage dans l'économie. Ces tares nous font souffrir, inconvénient sérieux, mais surtout elles offrent l'inconvénient plus grave de se transmettre à nos descendants et de créer, sinon des malades, du moins des candidats tous désignés à la tuberculose, à l'artériosclérose, et même, si nous parlons de l'alcool — comme nous serons obligés de le faire — à la folie, au vice, à tous les malheurs physiques, moraux et sociaux.

Il ne faut pas croire que ce tableau soit chargé. Nous ne nous laissons pas entraîner par des théories. Des citations d'auteurs connus, des faits cliniques, prouvent que nous nous trouvons en présence de cas pathologiques, malheureusement trop réels. Ce sont ces constatations journalières et ces faits nombreux qui feront aisément comprendre à ceux qui désirent développer leur Volonté, leur Magnétisme personnel qu'ils ne doivent pas, par une alimentation surabondante et mal comprise, perdre les fruits de leur entraînement.

 

La viande, le sucre et l'alcool, sont, dit très justement le Docteur Paul Carton, des aliments meurtriers.

 

Nous commençons par le premier de ces aliments, la viande, qu'il faut, sinon condamner complètement, du moins restreindre le plus possible et considérer non comme un aliment indispensable, mais comme un simple excitant, bon à suractivé nos forces, quand nous nous trouvons dans la nécessité de donner une somme inaccoutumée de travail, que ce travail soit manuel ou cérébral. Mais, en thèse générale, elle ne nous est pas utile, au contraire. Les ordres religieux qui ont fait les plus rudes travaux de défrichement, d'assainissement, les Trappistes en particulier et les Pères Blancs de la région saharienne, ne mangent jamais de viande et vivent fort âgés. On peut objecter pour les nations végétariennes en majorité, comme l'Inde, que l'activité n'y est pas grande. Mais ce n'est pas un reproche qui puisse être fait au Japon. Et pourtant les japonais considèrent la viande comme une nourriture rarement usitée et ne s'en servent que comme d'un excitant momentané, dans les cas où nous employons l'alcool et le café.

 

La conformation de l'homme ne l'assujettit nullement à une nourriture carnée:

 

Flourens, Cuvier, Buffon lui-même, constatent que sa structure au point de vue digestif apparente l'homme aux grands singes et le prédispose à se nourrir de fruits, de racines succulentes, en un mot de végétaux. Buffon, que l'on ne saurait taxer de modernité excessive et qui vivait à l'époque des festins à 5 services de 8 à 10 plats chacun, n'en a pas moins dit expressément: « l'homme pourrait, comme l'animal, vivre de végétaux... La nature entière semble suffire à peine à son intempérance et à l'inconstante variété de ses appétits. L'homme consomme, engloutit lui seul plus de chair que tous les animaux ensemble n'en dévorent, et c'est plus par abus que par nécessité. »

 

Les trois aliments meurtriers. La viande    Le    sucre    L'alcool

 

Cette opinion des naturalistes est corroborée par la physiologie. Les excitations que donne la viande sont suivies de dépressions qui rendent nécessaire l'usage constant des aliments carnés ou de l'alcool. Ce mal est grave : la viande, passée dans l'intestin, perd toute valeur d'excitation et ses déchets ne servent plus qu'à provoquer des fermentations putrides qui intoxiquent l'économie. Par cet abus, nous rudoyons nos organes, nous contrarions le travail de nos viscères digestifs.

 

Mais, dira-t-on, la viande contient une grande quantité d'azote. Elle en contient bien moins que certains légumes, les lentilles, par exemple. De plus, cet azote ayant été déjà assimilé par l'animal dont nous mangeons la chair, a perdu une partie des forces vives qu'il avait puisées dans la terre et dans l'influx solaire. Enfin, la viande est dépourvue des sels minéraux indispensables à la vie de nos cellules, alors que les végétaux en sont si riches. Ces sels minéraux, dans les animaux, sont localisés dans le système osseux et, si nous voulions être logiques avec nous-même, comme le remarque très justement le Docteur Gaston Durville, en nous adonnant à l'ingestion de la viande, nous devrions, comme les vrais carnassiers, ingérer aussi les os. Enfin, nous sommes mal organisés pour neutraliser les violents poisons contenus dans les viandes: ptomaïnes, leucomaïnes, qui s'attaquent aux cellules nobles de nos organes.

 

La viande est donc un produit dangereux et son abus à pour notre organisme, les plus tristes conséquences.

 

Qu'on en juge par ce que disent des médecins.

 

« La viande, écrit le Docteur Paul Carton, est un excitant a digestion gastrique pure: elle engendre une brusque saccade de stimulation qui a le défaut d'être une irritation antiphysiologique. L'euphorie qu'elle procure, en plus de sa nocivité, est passagère et nécessite, pour être entretenue, la répétition de prises d'aliments carnés ou d'alcool.

 

» (Docteur Paul Carton. — Les Trois aliments meurtriers, Paris, 1912, p. 12.).

 

Et plus loin, le même auteur ajoute: « La pratique médicale est là, d'ailleurs, pour nous mettre en pleine évidence les méfaits de la viande. Elle atteste qu'elle est la cause presque exclusive des affections du tube digestif. C'est elle qui crée les dyspepsies, les entérites, l'appendicite. C'est elle qui favorise l'éclosion de la fièvre typhoïde, des dysenteries. C'est elle qui forme le véritable point d'appel pour la fixation des parasites de la tuberculose et du cancer. La meilleure preuve nous en est fournie par les succès thérapeutiques que sa suppression détermine dans les cas d'affections du foie, de l'estomac, de l'intestin, et même de la tuberculose. A tel point, que les prescriptions de médications à base de jus ou d'extraits de viande ne peuvent être considérées que comme autant d'attentats à la vie des malades. » (id., p. 14).

 

De son côté, le professeur Bouchard déclare: « Les carnivores ont la langue sale, l'haleine mauvaise, les selles irrégulières et fétides, des dérangements gastro-intestinaux fréquents, des affections cutanées habituelles, des migraines, des rhumatismes, de l'obésité ou de l'émaciation. »

Le Docteur Jules Grand ne craint pas d'affirmer que « les personnes qui continuent de manger de la viande par goût, ou qui se croient obligées de le faire, sous le prétexte que leur santé ne leur permet pas d'en supprimer l'usage, sont victimes d'une erreur dont elles devront forcément subir les conséquences à une échéance plus ou moins lointaine suivant le cas. »

 

A cette opinion s'ajoute celle du Docteur Gaston Durville. Il dit dans son Art de vivre longtemps:

 

« Je considère la viande comme dangereuse surtout parce qu'elle apporte à nos cellules une trop grande quantité de principes nutritifs albuminoïdes que l'organisme est impuissant à rejeter au dehors sous forme d'ammoniaque. Ces matières albuminoïdes en trop grande quantité intoxiquent nos cellules; en outre, elles les excitent brutalement et nous donnent, comme conséquence, cette impression de bien-être extraordinaire, d'euphorie que nous avons tous éprouvée après un repas carné. En réalité, ce bien-être, cette euphorie ne sont que trépidation artificielle; la conséquence en sera usure et dépression. »

 

Beaucoup croient que la viande est indispensable à l'économie humaine, sous prétexte qu'elle contient des principes albuminoïdes. Pourtant l'organisme, même actif, consomme extrêmement peu de substances albuminoïdes pour la réparation de ses protoplasmes usés: trois à quatre grammes par vingt-quatre heures, au maximum. « Or, constate très judicieusement mon frère, le Docteur Gaston Durville, le moindre mangeur de viande absorbe au moins deux cents grammes de substances albuminoïdes par jour, c'est-à-dire de quoi réparer les protoplasmes usés de cinquante individus. Nous nous livrons donc à une vraie débauche de matières albuminoïdes.» ( Docteur Gaston Durville. — L'Art de vivre longtemps, 2e édit., Paris. s. d., p. 106. ).

 

Souvenons-nous que la viande est un excitant, rarement utile, souvent dangereux. Il ne faut en user qu'avec modération et le mieux est évidemment de s'en abstenir totalement. Les travailleurs manuels ont tort de dire que sans un estomac gavé de viande, ils « crèvent de faim. »

Le sucre ne cause pas moins de ravages que la viande. Nous parlons du sucre industriel, du sucre en morceaux ou cristallisé qui se consomme seul ou mêlé aux aliments.

 

Le sucre industriel est un aliment mort qui a perdu, dans les opérations auxquelles il a été soumis, les qualités qu'il avait dans le protoplasme végétal. A l'état de concentration où nous le mangeons, le sucre est une sorte de drogue, un produit chimique, un puissant excitant, plus nuisible qu'utile.

 

Les ouvriers manuels, les athlètes, les coureurs qui ont une grosse somme d'efforts à donner, trouvent dans le sucre une excitation, une dose d'énergie qui les aide pour accomplir leurs performances. N'est-ce pas un moyen de surexciter les chevaux de course que de leur donner, quelque temps avant le départ, une certaine quantité de sucre ? Mais cette suractivité artificielle, produite par l'absorption d'un corps chimique concentré, ne peut être que dangereuse pour l'organisme qui ne le brûle pas.

 

Le sucre industriel est un excitant d'autant plus dangereux qu'il se présente sous une forme attrayante, bénigne. C'est une pratique détestable qui pousse les parents et les nourrices à donner du sucre aux nouveaux nés, de même qu'aux enfants de tout âge, sous prétexte de les gâter. Il en résulte, pour les premiers, ces diarrhées qui les emportent avec une si terrible rapidité et dont on cherche les causes partout ailleurs que dans leur véritable motif. Pour les enfants plus âgés, le sucre présente un danger d'une autre forme: il crée chez ces jeunes organismes une excitation sans aucun rapport avec la dépense musculaire ou cérébrale qu'ils ont occasion de fournir. Certains cas d'exaltation nerveuse et de très pénibles insomnies, chez des enfants aussi bien que chez des adultes, ont été guéris par la simple suppression du sucre, dont une tendresse maladroite leur faisait une récompense et un plaisir. Si l'enfant, doué d'une bonne santé, échappe à ces traitements absurdes, il n'en demeure pas moins prédisposé aux maladies congestives, aux troubles hépatiques, au diabète et à toute espèce d'incommodités, moins graves peut-être, mais tout aussi désagréables, en particulier les maladies de la peau. Les petits chiens d'appartement terminent prématurément leur existence et sont obèses à un âge encore peu avancé parce qu'on les sédentarise et que, très souvent, on les gave de sucre et de viande.

 

Il est, d'ailleurs, absurde de penser que nous ne pouvons nous passer de cet aliment soi-disant d'épargne. Il y a cent ans à peine, la consommation du sucre en Europe n'était pas le dixième de ce qu'elle est actuellement. Nos aïeux n'en vivaient pas moins beaucoup plus longtemps que nous. Ils ne connaissaient de sucre que celui des fruits et le miel, excellents ceux-là parce que dilués et naturels. Il suffit de lire les anciens livres de cuisine pour voir combien était restreinte la consommation du sucre en pains ou en morceaux. On sucrait la tisane et autres infusions surtout avec du miel; en tout cas, il n'y avait jamais de sucre en morceau sur la table. Ces petits rectangles que notre épicier nous débite présente encore un danger: leur découpage cause chaque année la mort d'un grand nombre d'ouvrières; en respirant la poussière de sucre, elles deviennent rapidement tuberculeuses. Si le sucre avait pour l'organisme la parfaite innocuité du miel, il ne causerait pas ces maux.

 

Le sucre chimique que nous ajoutons à nos aliments, ou que les enfants sucent sous forme de bonbons ou de sucre d'orge est donc dangereux.

 

Voici ce que dit à son sujet le Docteur Gaston Durville:

 

« Le sucre industriel est un des aliments meurtriers pour nos organismes, un des aliments incendiaires. Absorber, comme le font tous nos contemporains, en plus de leur ration alimentaire quotidienne déjà surabondante, la valeur de quatre, cinq, six morceaux de sucre, et plus, souvent, c'est condamner son organisme à un hyperfonctionnement morbide et tuant. » (Art de vivre longtemps, 2° édit., p. 98)

 

Le Docteur J. Lépine signale également le danger du sucre industriel.

 

La voix du Docteur Paul Carton est encore plus énergique. Il considère, avec un sens très précis des réalités, que le sucre industriel, le sucre « dévitalisé », est, pour lui, une des principales causes de la mortalité infantile.

 

« Je suis persuadé, écrit-il, que des 80.000 enfants de un jour à un an que la France perd chaque année, plus de la moitié meurent victimes du sucre qu'on ajoute à leurs biberons. C'est ce sucre maudit, plus encore que les microbes contenus dans le lait, qui est la cause réelle des malaises digestifs, des entérites, des diarrhées foudroyantes, des troubles de nutrition, des insomnies, des crises de nervosisme, qui s'abattent sur les enfants en bas âge (certains auteurs ont même décrit, chez l'enfant, « une fièvre de sucre » — Schaps, Molhausen, Finkelstein et Meyer). C'est lui qui est la cause indirecte de l'éclosion des maladies infectieuses qui s'acharnent sur les petits enfants avec la fréquence que l'on sait. Il partage avec la viande la responsabilité des affections du second âge. A saturer les enfants de sucre, de bonbons, de chocolat, de confitures, on détruit leur santé avec une lamentable inconsciente. »

 

Et pour l'adulte, le danger n'est pas moindre. « L'arthritisme, déclare le Docteur Carton, avec ses manifestations graves tardives le guette. C'est le sucre surtout, qui favorise à ce moment la tare congestive, qui provoque la surcharge sanguine, l'œdème du sang, qui mène aux congestions viscérales, aux hémorragies cérébrales; c'est lui qui contribue puissamment à l'éclosion des rhumatismes, de la goutte, de la tuberculose; c'est lui qui dégrade le foie et le pancréas et influe ainsi, d'une façon capitale, sur la production du diabète. Plus la consommation du sucre s'accroît, plus la mortalité diabétique s'élève. »

 

Le sucre meurtrier, c'est, ne l'oublions pas, le sucre industriel, en morceaux, cristallisé ou en poudre, ou donné sous forme de bonbons. Le sucre, ainsi préparé, sucre mort physiologiquement, devient une véritable drogue, un produit pharmaceutique dangereux si on en abuse.

 

Il n'en va pas de même, nous ne saurions trop le répéter, du miel et du sucre naturel qui se trouve en suspension dans les fruits. Celui-ci est vivant, d'une assimilation plus facile et ne saurait causer, à dose normale, aucun trouble organique.

 

Arrivons maintenant à l'alcool.

 

Dire ses méfaits paraîtra presque une redite, mais c'est une certitude que l'on ne saurait trop faire pénétrer dans la masse. Nos élèves devront éviter toute boisson fermentée.

 

Notre intoxication par l'alcool est aussi de date récente, D'après les travaux très documentés du Docteur Gourmont, la consommation de l'alcool a triplé depuis 1850, ou plutôt depuis 1860, date à laquelle le néfaste perfectionnement des appareils de distillation a permis de tirer l'alcool non seulement: des fruits de nos climats: raisins, pommes, poires, prunes, cerises, mais des betteraves, des pommes de terre, des grains, des figues sèches et même du bois. On pense que, en dehors des inconvénients que nous allons énumérer et qui sont ceux des alcools les plus parfaits, ces produits chimiques, faits avec des substances aussi imprévues que le bois, ont, en outre de leur nocivité naturelle, la complication de la déformation industrielle de l'alcool. Ces alcools ainsi faits ont généralement un goût spécial que l'on dissimule par des essences violentes et particulièrement toxiques. Les absinthes à bon marché — les chères ne valent mieux que sous le rapport de la qualité de l'alcool — se font avec des alcools bons tout au plus a mettre dans des réchauds ou tout autre moyen de chauffage. C'est cependant ce « tord boyaux » qui est devenu le poison de notre pays. Il est des provinces, la Normandie notamment, où les patrons donnent une forte proportion des salaires en jetons d'alcool: aussi la taille des conscrits, ainsi qu'on peut le vérifier facilement est-elle devenue la plus petite dans tout le pays, après avoir été l'une des plus grandes.

 

A ce régime, les maladies qui proviennent de l'alcool ont doublé, triplé, décuplé d'intensité. En 1830, il y avait 10.000 fous dans les asiles, il y en avait 71.547 en 1910 et, sur ce nombre, une forte proportion d'alcooliques: 25 0/0 en ce qui concerne les hommes, 10 0/0 en ce qui regarde les femmes. En ajoutant les alcools aggravés par des essences comme l'absinthe, le Docteur Legrain arrive à 28 0/0 d'alcooliques sur le nombre total et considérable des fous. Depuis la guerre, la vente de l'absinthe est interdite en France, mais, malheureusement, il reste en vente quantité d'autres boissons toxiques.

 

L'alcool commet bien d'autres ravages. Les Docteurs Abramovski et Kuhne ont démontré que, même ingéré à petite dose, il diminue la mémoire. Il rend l'organisme sans défense contre les lésions pulmonaires: en 1870, il y avait à peine 23 0/0 de pneumonies mortelles, maintenant — ou plutôt en 1898 — en nous rapportant aux statistiques des Docteurs Fernet et Massart, ce pourcentage s'est élevé à 47. Les enfants d'alcooliques meurent très souvent en bas âge et les statistiques démontrent, nous dit le Docteur Gourmont, que, si la France réagissait contre l'envahissement toujours croissant de ce dangereux produit, nous aurions un excédent moyen de 275.000 existences par an.

 

Enfin, la folie de l'alcool est bien loin d'être une folie douce, et on a le plus grand tort de rire de l'ivrognerie. Le pochard inoffensif et grotesque peut, sous une dose plus forte de poison ou sous la même quantité de poison plus violent, devenir un criminel. En tout cas, il devient un impulsif, incapable de résister à aucune suggestion; c'est un malade, un dégénéré de l'esprit, une véritable loque qui se laissera entraîner au crime, au vol par celui qui saura le dominer dans ses moments de faiblesse intellectuelle et morale. Le Docteur Lannelongue estime que, si la vente de l'alcool rapporte 300 millions à l'Etat, il doit, par le fait même, dépenser ou perdre 2 milliards par diminution de salaires, frais de répression, d'incarcération et de maladies.

 

Il est certain que l'alcool industriel est une des causes de cet état de choses: il se répand facilement, sa production est illimitée et son prix peu élevé. Il est non moins évident que l'alcool, sous toutes ses formes est un poison, un véritable danger social.

 

Boire de l'eau rougie à ses repas comme on mettrait dans son eau du citron ou du sirop — en éliminant la question du sucre — ne saurait constituer un procédé d'intoxication, mais on n'imagine pas généralement la quantité de vin que beaucoup de personnes peuvent absorber, tout en ne se croyant nullement alcooliques, parce qu'elles ne boivent pas d'alcool à l'état pur. Cette quantité peut aller de 2 à 14 litres par jour. Or, comme le vin, même naturel, contient 100 grammes d'alcool à 100° par litre, au minimum, la dose de toxique absorbée par ces « non-alcooliques » est de 200 à 1.400 grammes d'alcool à 100° ou de 400 à 2.800 grammes d'alcool à la dose moyenne de 50°, ce qui dans le dernier cas, fait plus de 3 litres. On comprend aisément que dans une proportion telle, le poison corrode l'estomac, brûle le foie qui ne suffit plus à le neutraliser, sclérose les artères, surexcite les nerfs, blesse les poumons et endommage les reins qui n'arrivent pas à l'éliminer. Il en résulte que, suivant la statistique du Docteur H. Martin, sur 304 enfants de 60 familles d'alcooliques, 132 moururent en bas-âge, 48 eurent des convulsions, 60 devinrent épileptiques, et il y en eut 64 qui parurent sains, mais prédisposés naturellement à toutes les inflammations, à toutes les épidémies.

 

On conçoit maintenant, nettement, le danger que présentent les trois aliments meurtriers: la viande, le sucre et l’alcool.

 

Méditons ces sages paroles du Docteur Paul Carton: « A faire usage d'alcool, à faire usage de viande, à faire usage de sucre préparé industriellement, on surexcite ses forces pour mieux les abattre ensuite, on épuise sa vitalité, on prodigue ses réserves de vie, on détruit ses résistances à la maladie, on aggrave toutes ses prédispositions morbides, ses tares viscérales, et on accélère sa décrépitude. En une phrase, c'est l'alcoolisme, le carnivorisme et le sucrisme qui forment, à l'heure actuelle, les plus larges plaies dont souffre l'humanité. » (id., p. 5).

 

Il est antinaturel pour ceux qui veulent étonner la foule par leurs performances physiques, de recourir à des produits toxiques. L'expérience le prouve.

 

Le Docteur Haig dit nettement: « II résulte de mes recherches qu'un régime entièrement débarrassé de viande, ainsi que de thé, de café et d'autres substances végétales similaires contenant des alcaloïdes, est de loin le meilleur pour former des athlètes. »

 

Et si nous faisons appel à l'opinion des psychistes, elle est non moins éloquente.

 

M. Albert Caillet dit très judicieusement, parlant des aliments meurtriers: « Le stimulant est une substance étrangère qui se substitue à la Volonté pour fouetter le subconscient (ou inconscient) : c'est une personne interposée, en quelque sorte, entre deux parties de nous-mêmes et qui les divise de plus en plus, qui les sépare, tandis que notre but doit être au contraire l'union la plus intime, la coordination la plus parfaite de tous nos éléments constitutifs. » ( Albert Caillet — La Science de la vie, Paris, 1913, p. 156. )

 

Nous pourrions multiplier ces exemples à l'infini, mais n'avons-nous pas suffisamment souligné le danger que présente une alimentation mal comprise ?

 

La vie moderne — surtout dans les villes — va à l'encontre des lois de la nature. Nous sommes sans cesse comme des machines à l'état maximum de tension, sans nous soucier de la répercussion de ce surmenage sur notre organisme. Nous vivons au milieu de bruits qui surexcitent notre système nerveux.

 

Quand nous allons quelque temps en pleine campagne, loin de toute trépidation et que nous rentrons dans une grande ville, le bruit, l'activité mal comprise, l'atmosphère empestée nous dérangent. Puis, bientôt, nous voici repris par la suggestion puissante de la cité. Nous retrouvons nos affaires. Nous revivons cette vie de fièvre au grand détriment de notre santé physique et morale, du parfait contrôle sur nous-même.

 

Mais puisque la société est ainsi faite et que nous ne pouvons rien, ou presque pour la modifier, cherchons au moins à connaître le danger qu'elle présente, à l'étudier de près et à nous mettre dans les meilleures conditions pour en souffrir le moins possible. C'est un devoir vis-à-vis de nous-même et vis-à-vis de notre race.

 

1° Cherchons à bannir de notre régime tout excitant.

 

2° Sachons mieux nous diriger.

 

3° Apprenons à vouloir.

 

Le Docteur Paul Carton rappelle que, lorsque Rome voulut enrégimenter ses gladiateurs, elle fut surprise de voir combien ses sportifs, ses colosses offraient peu de résistance à une fatigue continue.

 

Il en fut de même au cours de la dernière guerre. Le Docteur Gaston Durville a pu constater que les brancardiers qui « duraient » le plus au rude métier qu'il leur fallait faire étaient des intellectuels délicats, des séminaristes, des jeunes gens de la ville que leur volonté et le sentiment du devoir soutenaient beaucoup plus que n'auraient pu faire la force musculaire et tous les excitants du monde.

 

Nous avons donc en nous de quoi remplacer, par un usage judicieux de nos efforts, le sucre, la viande, l'alcool. Il n'est pas besoin, pour augmenter une production que, par nôtre entraînement, nous saurons rendre plus normale, de détruire notre santé et d'hypothéquer à l'avance le trésor de force que nous devons à nos fils.

 

Le stimulant auquel vous aurez recours sera une volonté puissante, réfléchie, soutenue, toujours égale à elle-même. Elle sera éclairée par un jugement sain, par une meilleure compréhension des lois de la Nature. Vous vous sentirez chaque jour plus calme, plus maître de vous, plus heureux.

Pour nous conformer très rigoureusement aux lois de la nature, il nous faudrait mener une vie calme et paisible, manger peu et sainement, vivre à la campagne, respirer un air toujours pur, loin des usines et des villes, nous revivifier au contact des rayons bienfaisants du soleil, centre de la vie universelle. Notre conception du bonheur en serait différente. Notre esprit serait charmé de retrouver partout, dans le ruisseau qui coule, la plante qui pousse, l'oiseau qui gazouille ou fait son nid, des exemples d'une activité harmonieuse. Et nôtre cœur s'épanouirait comme la fleur aux caresses du soleil; il deviendrait meilleur, plus grand, plus généreux ! Mais combien peu, parmi nous, sont à même de réaliser ce rêve !

 

Nous sommes esclaves de la société. Puisque nous ne pouvons guère échapper à sa tyrannique emprise, cherchons au moins à y vivre plus sainement. Quant au reste, faisons de notre mieux pour nous adapter. Armons-nous de patience, de courage. Efforçons-nous de sourire malgré le temps maussade. Attendons avec foi l'heure de notre affranchissement. Et viennent les difficultés, elles nous trouveront prêts à l'effort.

 

II est indiscutable que le premier problème à résoudre est celui de notre alimentation.

 

Tout d'abord, il nous faut considérer la valeur nutritive des différents aliments. Question primordiale. Les diagrammes ci-contre, que nous empruntons à M. Otto Carqué ( Otto Carqué. — La Base de toute reforme.), donnent approximativement, mais d'une façon suffisante pour nos lecteurs, une représentation graphique de la valeur nutritive des principaux aliments.

 

Quatre dîners de même poids, mais de composition différentes.

 

Dîner n°1 — Huitres, soupe, poisson, roti, volaille, pikles, pomme de terre, patisserie, pain blanc, beurre, glace, gâteaux, vin, café, moutarde, vinaigre, povre, sucre.

 

Dîner n°2 — Soupe, viande, pomme de terre, épinards, laitue, pain blanc, pudding, café, fromage.

 

Dîner n°3 — Haricots, laitue, pain de froment complet, fruits étuvés.

 

Dîner n°4 — Fruits crus, noix, céréales.

 

Le repas le plus utile à notre économie est le quatrième ; le plus toxique est le repas n° 1.

 

Les produits végétaux conviennent donc mieux à notre organisme. Les œufs, pris sans excès — car l'excès en tout est un défaut, — sont excellents.

 

Le Docteur Pascault écrit, au sujet de la valeur nutritive des produits végétaux, du lait et des œufs

 

« Le raisonnement, les expériences physiologiques et la pratique prouvent que nos besoins peuvent en toutes circonstances être satisfaits par les amidons, les sucres, les graisses, les albumines et les sels minéraux contenus dans les produits végétaux, le lait et les œufs. Quelles que soient les conditions d'existence où nous soyons placés, ces aliments sont ceux qui s'adaptent le mieux au fonctionnement de la machine humaine, ceux qui entretiennent la vie avec le maximum d'avantages et le minimum d'inconvénients; à tous les âges, dans toutes les professions, et on peut même dire dans tous les pays, ces aliments sont les aliments essentiels. » ( Docteur Pascault. — Les Aliments essentiels.).

 

Les fruits, parfaitement mûrs, sont très utiles à notre organisme. Ils sont d'une telle valeur nutritive, sous un faible volume, que beaucoup de naturistes conseillent un régime fruitarien absolu.

 

M. Albert Caillet n'hésite pas à écrire: « Parmi tous les aliments, ceux qui sont le plus favorables à conserver à la Volonté le plein pouvoir de la direction, du corps, sont les fruits: ce sont eux qui communiquent au corps matériel le moins d'autonomie si l'on peut dire. » ( Albert Caillet. — La Science de la vie, Paris, 1913, p. 158. )

 

M. Otto Carqué conseille de « revenir immédiatement à un régime simple et frugal, ne comprenant que les fruits, délicieux et vivifiants, consommés dans l'état où la Nature nous les offre. »

 

Mangeons en abondance des fruits, mais qu'ils soient parfaitement mûrs. On préférera toujours les fruits nouvellement cueillis ou le sucre est vitalisé, aux fruits secs. Toutefois les noix et les dattes sont parmi les fruits les plus nourrissant. Ce serait, à notre sens, une faute de vouloir vivre uniquement de fruits, mais faisons-leur une large place dans notre alimentation journalière.

 

La meilleure boisson est l'eau, l'eau de source pure, sans propriété médicamenteuse spéciale, prise en petite quantité, II est indispensable qu'elle soit claire et limpide, sans goût. On la boira telle qu'elle vient d'être tirée, pas trop fraîche. Ne la filtrer que si elle est trouble. C'est commettre une erreur que de faire bouillir l'eau destinée à notre table, car l'ébullition détruit les micro-organismes et, s'il en est de mauvais — contre lesquels, d'ailleurs, notre organisme saura lutter — beaucoup sont indispensables à la bonne élaboration des produits alimentaires que nous ingérons.

L'eau, est, de toute évidence, la boisson idéale. C'est elle qui fait croître la plante et qui désaltère l'animal. C'est elle qui, de l'avis de tous les hygiénistes, convient le mieux à l'homme.

 

Le professeur Bouchard dit à son sujet: « L'eau prise en boisson, l'eau absolument pure et simplement filtrée, est indispensable en certaines proportions pour accélérer les actes de la désassimilation et favoriser les métamorphoses organiques; elle est malheureusement bannie actuellement de la table du riche et du pauvre; personne ne boit plus aujourd'hui d'eau naturelle et cependant le manque d'eau fait que les produits de la dénutrition s'accumulent dans le sang, les conditions de l'osmose sont suspendues, et les produits excrémentiels accumulés viennent vicier les tissus et les humeurs. Pour bien se porter, il faut boire au moins de un litre à un litre et demi d'eau pure par vingt-quatre heures. »

 

Toute eau pure et sans goût convient à nos besoins et, quant à nous, pour un organisme en bon état, nous ne voyons pas la nécessité de recourir à des eaux minérales à concentration chimique marquée (l'eau de Vichy, par exemple), dont la vogue est due surtout à une habile et continue publicité. Encore une eau minérale n'a-t-elle de réelle valeur curative qu'à la sortie même de la source. Une fois en bouteille, elle perd très rapidement ses propriétés vitales ou radio actives. L'usage de certaines eaux constitue à nos yeux un traitement qui n'a d'utilité spéciale qu'en vue de supprimer certains troubles organiques. Ceux-ci guéris, la belle eau de source ordinaire, prise modérément — et la dose d'un litre à un litre et demi par jour est celle que nous conseillons — nous paraît être la boisson la meilleure. Suivons, encore en cela, l'instinct des animaux, eux qui, domestiqués, ne deviennent malades que par les efforts souvent trop considérables que nous les contraignons à fournir et aussi par l'alimentation mal comprise auxquels nous les soumettons. Au contraire, quelle vigueur, quelle bonne santé présentent les animaux sauvages qui ne bénéficient pas de la civilisation telle que la conçoivent les hommes !

 

L'eau est un excellent régulateur: elle nous est d'une grande utilité pour aider notre organisme à se débarrasser des déchets alimentaires. Notre intestin, paresseux parce que surmené, s'est-il laissé encombrer ? Il nous est un moyen simple — et je dirai infaillible — de guérir une constipation, même la plus opiniâtre, d'origine alimentaire: c'est de boire à jeun, le matin de bonne heure, un grand verre d'une eau naturelle, fraîche et pure. Ajoutez-y, pour augmenter son effet, quelques grains de gros sel, si l'effet tarde à se manifester.

 

Dans tous les cas, on aura toujours avantage, surtout dans les cas chroniques, à réveiller le travail intestinal par quelques effleurages à nu sur le ventre, que l'on pratiquera soi-même, sans autre moyen que la main. On se déshabillera et on s'étendra sur le lit, la tête légèrement relevée par un oreiller, les genoux fléchis, les muscles du ventre bien détendus. Pour exécuter cet effleurage, il suffit de poser, bien à plat sur le ventre, sa main droite. Aucune raideur. Ne déployer aucune force. La main étant dans cette position, décrire autour de l'ombilic (nombril) une série de cercles réguliers. Partant du côté droit de votre ventre, votre main passe sous les côtes, effleure le côté gauche et arrive au bas-ventre pour retrouver le point de départ. Vous continuez ainsi, d'un mouvement peu rapide, régulier. Que votre main épouse bien, de toute sa surface, les masses musculaires. Et surtout, ne déployez aucune force: plus votre massage sera léger et plus il sera efficace. Cinq à dix minutes — contrôlées avec une montre près de soi, car on a tendance à abréger toujours les soins ! — suffisent, en renouvelant chaque jour l'opération, pour remettre bientôt en bon état les intestins les plus constipés.

 

Il est indispensable de libérer son intestin avec régularité. Vous vous présenterez donc à heures fixes, de préférence le matin dès le réveil et le soir, avant de vous mettre au lit. Vous vous présenterez même sans en éprouver le besoin. Ce n'est que par l'accoutumance que vous rétablirez le jeu de toutes vos fonctions.

 

Autant l'eau pure est excellente, autant déconseillons-nous l'usage des « siphons », des « sodas », de toutes les boissons dites hygiéniques travaillées chimiquement. On devra modérer l'ingestion de boissons fermentées comme la bière et le cidre. Le vin, que d'aucuns recommandent en petite quantité aux personnes âgées, est néfaste à l'organisme lorsqu'il est pris de façon immodérée; il contient de l'alcool dont nous avons signalé les dangers et, trop souvent, il a subi des préparations, des additions de produits chimiques qui le rendent toxique. Le mieux serait de vous mettre à l'eau, uniquement à l'eau. Mais si vous ne pouvez rompre dès aujourd'hui avec vos habitudes et supprimer immédiatement tout excitant, mettez au moins au fond de votre verre une faible quantité d'un vin aussi pur que possible et remplissez le reste d'eau. L'effet excitant, nocif du vin sera ainsi atténué.

 

L'usage du lait est à conseiller surtout aux enfants et aux vieillards. Etant lui-même un aliment complet, il ne doit pas être pris par l'adulte comme boisson aux repas, car il suralimenterait.

Si nous écoutions la voix de la sagesse, nous ne devrions introduire dans notre tube digestif que des végétaux et de l'eau pure, pris en quantité modérée. Mais nous nous sommes accoutumés à des excitations et celles-ci nous sont devenues nécessaires. Nous ne pouvons rompre avec le passé que progressivement. Si, du jour au lendemain, nous supprimions tous excitants, nous serions incapables de faire un grand effort et une apathie, une gêne même de nos organes accuseraient la nécessité des besoins factices que nous nous sommes créés. L'intoxiqué a besoin de sa morphine, l'ivrogne ne peut se passer de son alcool. Le retour, à la vie saine exige des ménagements, sinon bien des à-coups sont à craindre. Tout au contraire, en procédant méthodiquement, on rompt les plus fortes chaînes, on se libère de toutes les habitudes morbides, si ancrées soient-elles. On marche d'étape en étape, sûr de la victoire qui couronnera nos efforts.

 

Il nous a donc paru utile, nécessaire même, d'indiquer à nos élèves une gradation à suivre dans leur cure de désintoxication. Toutes les viandes, à poids égal, ne sont pas aussi dangereuses à notre organisme: le gigot, les côtelettes, le jambon, le lapin, le pigeon, le poulet, par exemple, sont moins toxiques que le chevreau, les rognons, l'agneau, le foie (de veau, par exemple); ceux-ci encore moins nuisibles à notre santé que le gibier (très toxique lorsqu'il est faisandé), les viandes grasses, le foie gras, les charcuteries (à l'exception du jambon), les tripes.

 

Une même classification s'impose pour le beurre, les œufs et les laitages; les poissons, les crustacés et les coquillages; les végétaux et les fruits; les sucreries, les entremets et les gâteaux; les boissons, les potages, les sauces et les corps gras.

 

Permis:

  

Bœuf (filet, faux-filet, rumsteak, beafteck, etc.) Cheval, Mouton. Côtelettes. Gigot. Agneau. Lapin. Pigeon. Poulet. Jambon.

  

Interdit:

Foie gras. Porc chaud. Pieds truffés. Cervelles. Ris et abats. Triperie. Viandes très jeunes. Gibiers.

Viandes grasses. Saucisses. Saucisson. Boudin. Cervelas. Tête de veau.

 

A surveiller:

 

Canard. Pintade. Oie. Foie. Rognons. Dinde. Mortadelle. Porc froid. Veau (pas trop jeune).

 

Nous ne saurions mieux faire, à ce sujet, que de reproduire les tableaux ci-contre des aliments défendus, à surveiller et permis, que donne le Docteur Gaston Durville dans sa-Cure Naturiste. Ces indications s'adressent à la très grande majorité de nos lecteurs (troubles nutritifs moyens). Seuls les malades gravement atteints ont besoin d'un régime approprié à leur état ( L'établissement d'un régime nécessite un examen médical qui peut être: fait à notre Fondation de Neuilly. ).

 

Poissons

 

                     Interdit                                  A surveiller                                               Permis

Poissons salés, sèches, conservés, et fumés. Poissons en boîte métallique (sardines à l'huile, maquereaux en boîte, etc.) Morue. Raie. Anchois

Tout poisson ayant voyagé est dangereux pendant la saison chaude. Poisson en

Sauce

Tous poissons de rivière très frais et n'ayant voyagé qu'au minimum. Parmi les poissons de mer, les poissons maigres très frais : sole, merlan, harengs frais, les petits poissons plats. Cuire à l'eau, faire griller, ou frire à l'huile. Hareng et Maquereau grillés

Crustacés et Mollusques

Tous sont mauvais; homard, langouste, écrevisse, crabe, crevette. Tous les coquillages, sauf l'huître (moule, coquille St Jacques, coque, palourde, etc.) Escargot.

 

Huître.

Pains, Pâtes, Céréales

Pain complet.

Pain bis, pain de seigle.

Les pâtes sont toutes bonnes (vermicelle. macaroni, coquilles, nouilles, semoule, tapioca, etc.). Il n'est jamais utile qu'elles soient aux œufs. Farines : blé, sarrasin, avoine, orge, maïs.

Pain blanc et de ménage.

 

Sauces et Graisses

 

Saindoux. Lard. Beurre cuit. Margarines. Tip. Toutes sauces compliquées, épicées. Ragoûts (sauf ceux à l'huile, de temps en temps). Roux. Fritures à la graisse et au beurre.

 

Toutes graisses végétales: huile blanche, d'olive, d'arachide, de noix. Cocose. Beurre végétal. Fritures à l'huile. Sauce blanche. Sel.

Epices: poivre, moutarde, piment, carry, pickles, cannelle, vinaigre et tous acides.

   

 

Légumes farineux

 

Toutes les légumineuses sèches: fève sèche, haricot sec noir ou rouge. Pois sec, cassé ou décortiqué. Toutes les conserves en boîtes métalliques.

Haricot blanc sec. Topinambour. Rave.

Toutes les légumineuses fraîches : haricot vert en gousses ou écossés. Haricot blanc ou noir frais. Pois vert en gousses ou écossé. Lentilles. Pomme de terre. Riz. Carotte. Salsifis. Crosne. Céleri. Choux-rave. Rutabaga. Choux-navet. Navet. Julienne. Betterave. Panais

Légumes verts

Rhubarbe. Aubergine. Oignon cru. Ail. Echalote. Choux de Bruxelles. Choux gras. Tous légumes en boîtes métalliques.

Choux sans graisse. Radis. Oignon en sauce. Choucroute.

Epinard. Toutes salades crues ou cuites: laitue, romaine, mâche, escarole, chicorée, pissenlit. Cresson cru ou cuit. Oignon rôti au four. Blette. Poireau à l'huile. Asperges. Artichaut. Haricot et pois verts. Endive. Tétragone.

Arroche. Cardon. Persil. Cerfeuil.

 

Œufs

 

   

Très frais: 2 à 3 par semaine. L'albumine (blanc) est plus digestive si l’œuf est bien cuit

Beurre et Laitages

Beurre cuit ou noir. Lait pur pris comme boisson aux repas. Fromages forts: Roquefort, Cantal, Pont-Lévêque.

Camembert. Crème fouettée.

Beurre cru ou juste fondu, versé sur le plat, en servant. Lait au petit déjeuner. Lait fermenté (képhir, yoghourt). Gruyère. Hollande. Port-Salut. Petit Suisse (un petit suisse égale 2 œufs). Double-crème. Crème. Fromage blanc. Brie. Coulommiers.

Potages

Tous potages gras et concentrés, même s'ils étaient végétaux. Tous bouillons de viandes ou à extraits de viande (Liebig, etc.).

 

Tous potages aux légumes, aux pâtes, ou aux céréales (flocons d'avoine, etc.) Tapioca. Parfois soupe au lait.

 

Sucreries, Entremets, Gâteaux

 

Toutes les sucreries:

Brioche. Miel.

Tartes aux fruits. Crèmes

bonbons, caramels,

 

renversées. Gâteaux aux

chocolats, cacao, fruits

 

amandes. Pain d'épiée.

confits. Confitures,

 

Beignets à l'huile. Biscuits

marmelades très sucrées,

 

secs (à la cuiller, petit

Tous entremets très sucrés.

 

beurre, fours). Croissant.

Puddings.

 

Petits pains. Gâteau de riz (y ajouter des fruits frais). Gâteau de semoule. Meringue. Crêpe à l'huile.

 

Fruits

 

Fruits pas mûrs.

Tomate. Groseille.

Pruneau. Melon.

Marmelades trop sucrées.

 

Citrouille. Châtaigne. 0live.

Confitures.

 

Champignons Tous beaux fruits de saison très mûrs, frais ou secs, naturels ou en marmelades à peine sucrées: pomme, poire, cerise, pêche, prune, orange, amande, abricot, noisette, ananas, framboise, banane, datte, figue.

 

Boissons

 

Tous alcools, apéritifs,

 

Eau. Eaux minérales (bues à leur source). Vals.

amers, vins toniques,

 

Bières légères. Cidre. Vin

pharmaceutiques,

 

avec eau. Tisanes

fortifiants. Vins vieux.

 

(Camomille, fl. d'oranger,

Vins sucrés. Sirops. Thé

 

tilleul). Café de Malt.Malt

fort. Café fort.

 

Kneipp

 

En s'inspirant de cette classification des aliments — en défendus, à surveiller et permis — chacun pourra modifier de façon heureuse son régime alimentaire. Mais, nous le répétons, dans les cas graves, un avis médical s'impose.

 

Savoir ce qui convient très exactement à la machine humaine, quel combustible nous

devons y introduire, quelle activité est bonne ou mauvaise, quel rythme optimum nous ne devons pas dépasser est une tâche essentiellement délicate.

 

En médecin qui connaît bien des secrets de la nature humaine, en psychologue habitué à suivre le jeu des forces psychiques, notre ami et collaborateur, le Docteur Marcel Viard, dont nous sommes heureux de reconnaître ici la grande conscience professionnelle, écrivait dernièrement ces lignes qui s'adressent à tous ceux qui veulent se guérir et se perfectionner:

 

« II faut bien faire ce que l'on fait. Il y a un abîme entre une chose bien faite et la même chose mal faite. C'est dire assez qu'au point de vue naturiste, il ne faudra pas se contenter d'un à peu près. Un régime excellent pour quelqu'un pourra donner les pires résultats chez le voisin. Certains exercices physiques donneront de beaux muscles et une belle santé à certains sujets et les mêmes exercices en tueront d'autres, D'où il résulte qu'un contrôle médical sévère est indispensable. Pour conserver sa santé, il est nécessaire de connaître quelles sont les ressources de son organisme, ce qu'il est capable de supporter, ce dont il a besoin pour résister à l'infection. Toute institution de régime doit-être précédée d'un examen minutieux de tous les organes. C'est en visant à la perfection absolue qu'on arrivera à un équilibre parfait. L'effort doit être rythmé, que cet effort soit physique, intellectuel ou moral. A tout effort doit succéder un repos qui lui est proportionnel. Telle est la loi du rythme ! C'est la seule façon d'éviter la maladie, autant que faire se peut et la méthode psycho-naturiste nous en donne le moyen. » (Docteur Marcel Viard. — La Fondation Henri Durville: le but qu'elle se propose. Journal du Magnétisme, juin 1923.)

 

Sages paroles à méditer. Cette méthode psycho-naturiste est précisément celle qui est appliquée à notre Fondation de Neuilly où, sous la direction médicale du Docteur Marcel Viard, les malades retrouvent, s'il est temps encore, la santé, la sérénité, le bonheur.

 

S'il est indispensable de s'inquiéter de la qualité de nos aliments, la question se pose ensuite de savoir comment il faut introduire dans notre tube digestif — en quelle quantité, sous quelle forme, à quelles heures notamment — les éléments qui vont servir à fabriquer la force nerveuse et réparer tous nos rouages à mesure de leur usure. Il faut tenir compte de la résistance de notre poche stomacale qui, surmenée, se dilaterait; il est nécessaire de se préoccuper des sécrétions internes qui aux différents étages de l'usine digestive — bouche, estomac, intestins — ont pour but de transformer les produits ingérés.

 

Notre alimentation journalière peut être prise en trois-repas: repas léger du matin, repas de midi, repas du soir. Vouloir supprimer une fonction aussi essentielle que la digestion ou la réduire à sa plus simple expression, comme certaines méthodes orientales le préconisent, est aussi illogique qu'exiger d'une chaudière qu'elle fonctionne sans lui donner de combustible. En tout, méfions-nous des excès. Mais ce serait aussi commettre des errements, autant préjudiciables à notre santé, que de s'astreindre à un seul repas par jour. Des troubles graves de l'estomac, de l'intestin, du foie, entre autres sont toujours les justes conséquences de telles erreurs physiologiques. Tout écart des lois de vie saine, tout acte qui tend su perturber le rythme de nos fonctions se paie. La nature reprend toujours ses droits. Heureux, le jeune présomptueux qui espère commander en maître aux forces conservatrices de la vie si une lésion irréparable n'est pas la conséquence de sa témérité.

 

L'expérience nous montre la nécessité de prendre nos aliments, au cours d'un jour, en plusieurs fois. Et l'habitude française de fixer les repas le matin au saut du lit, à midi au milieu des travaux de la journée et le soir après l'effort nous paraît excellente. Quant à la quantité moyenne à ingérer à chacun de ces repas, les tableaux suivants donneront au lecteur des indications suffisantes. Ces documents, que nous empruntons à l'Art de vivre longtemps du Docteur Gaston Durville, indiquent les rations de base pour deux adultes sédentaires pesant 60 à 70 kilogrammes.

 

Le Repas du Matin

 

RATION POUR ADULTE SÉDENTAIRE

pesant 60 kg.

pesant 70 kg.

Lait

200 gr.

250 gr.

Pain à croûte, ou rassis ou grillé.

70 gr.

80 gr.

Beurre

20 gr.

25 gr.

ou mieux:

Pruneaux crus, trempés dans l'eau depuis la veille (Carton)

10 à 12

12 à 15

Pain

60 gr.

80 gr.

ou encore:

Fruits frais (pomme, poire, poche, figue, raisin, cerise)

150 à 200 gr.

200 à 250 gr.

Pain

60 gr.

80 gr.

 

Le Repas de Midi

 

RATION POUR ADULTE SÉDENTAIRE

pesant 60 kg.

pesant 70 kg

 

 

 

I. — Hors d’œuvre végétal (Artichaut concombre, rave, céleri, radis, tomate)._

50 gr.

50 gr.

Ou bien

 

Légume vert (haricots verts, pois verts, poireau, salade cuite, julienne).

3 cuillerées

4 à 5 cuillerées

II. — Aliment azoté, viande (voir la liste)

(on peut très bien s'en passer)

50 à 60 gr. (la valeur d'une petite côtelette)

70 à 80 gr.

 

Ou mieux

 

Aliment farineux (riz, pâtes, carotte, pomme de terre, céréales, haricots frais blancs, etc.)

3 à 4 cuillerées

4 à 5 cuillerées

III. — Salade à l'huile. (peu de vinaigre, ni citron) une assiettée une assiettée

une assiettée

une assiettée

IV. — Dessert:

Fromage (Gruyère, Brie, Hollande,

Suisse, Coulommiers, fromage blanc)

morceau moyen (25 gr.)

un bon morceau (35 gr)

 

Ou mieux encore

Fruits (pomme, poire, pèche, prune, raisin, etc.)

150 à 250 gr.

200 à 300 gr.

V. — Pain

90 à 110 gr.

110 à 120 gr

VI. — Boisson (eau, vin et eau, cidre, bière)

un verre

un verre 1/2

 

Le Repas du Soir

 

RATION POUR ADULTE SÉDENTAIRE

pesant 60 kg

pesant 70 kg.

I. — Potage aux légumes (avec 20 gr. de pain) ou aux pâtes.

Assiettée moyenne

Bonne assiettée

II. — Aliment farineux (à choisir parmi ceux de midi)

2 ou 3 cuillères

3 ou 4 cuillères.

III. — Légume vert.

3 bonnes cuillères

4 bonnes cuillères

 

Ou bien

 

Salade

assiettée moyenne

bonne assiettée

IV. — Dessert (fromage ou fruit).

comme à midi

comme à midi

V. — Pain

60 à 90 gr.

90 à 110 gr.

VI. — Boisson

un verre

un verre 1/2

 

Ces menus, nous l'avons dit, sont des menus-type s'adressant à des personnes à peu près normales, mais sédentaires, donc ayant besoin de peu. Pour les travailleurs manuels, ces rations paraîtront insuffisantes, mais il faut se méfier de tout excès. Le mieux, pour la majorité de nos lecteurs, est d'adopter une ration intermédiaire entre celle qu'ils absorbent actuellement et celle que donnons comme base.

 

En, cas de maladie, demander toujours l'avis d'un spécialiste.

 

Absorber des aliments bien choisis en qualité et en quantité n'est pas tout. Il faut encore savoir manger.

 

Tout travail exige pour être exécuté au mieux, des conditions particulières. Pour s'accomplir selon le rythme prévu, notre digestion a besoin de calme. Vous discutez, peut-être, activement en mangeant, sans songer le moins du monde à l'importance de vos fonctions digestives. D'autre part, si vous êtes seul à table, le désir de retourner précipitamment à vos affaires, vous fait dévorer en quelques instants, un repas qui devrait demander un temps sensiblement plus long. Dans l'un et l'autre cas, vous mâchez mal vos aliments. Comment vous étonner ensuite qu'ils produisent en vous de grandes perturbations ? En agissant de la sorte, vous oubliez qu'une partie de la digestion s'accomplit dans la bouche. C'est là que, sous l’influence de la ptyaline ou amylase qui est un ferment soluble que renferme la salive, les féculents commencent à se modifier chimiquement. La première opération transforme les féculents en sucre de maltose. Ce sucre ne devient assimilable que grâce au suc intestinal et au suc pancréatique qui, dans l'intestin, le dédoublent en glucose. Mais ces opérations ne s'accomplissent que si les féculents ont été, dans la bouche, suffisamment écrasés et imprégnés de salive. Les avaler sans les mâcher, c'est donc leur retirer toute utilité nutritive; c'est encombrer vos organes sans en tirer aucune utilité.

 

Pour les autres aliments, une mastication insuffisante présente d'autres inconvénients. D'abord vous ne savez pas jusqu'à quel point vous pouvez répondre de votre estomac et der votre intestin. Ensuite, pourquoi leur imposer un travail pour lequel ils ne sont pas faits ? C'est les détraquer à coup sûr. C'est vous créer des maladies. Enfin, il ne faut pas croire que les aliments de facile déglutition puissent sans inconvénient être avalés sans être mâchés. Il n'y a rien de moins exact: les purées farineuses, par exemple, pour les motifs indiqués plus haut quand nous parlions des féculents, doivent être soigneusement triturées par les dents. Faute de ce soin, cette préparation recommandée aux malades, avec raison, comme légère et bienfaisante, devient sur l'estomac un poids inutile.

 

« Manger trop vite, a dit Brillat Savarin, est un défaut et un défaut grave, car il annonce un homme qui ne sait pas vivre et il compromet la santé en apportant après lui des digestions difficiles et pénibles. »

 

Horace Fletcher nous recommande de mastiquer très soigneusement les aliments, de les mâcher, de les triturer quatre fois plus longtemps que nous n'en n'avons l'habitude; il nous recommande aussi de mastiquer longuement, non seulement les bouillies et les purées, mais aussi les boissons afin que notre salive s'y mêle intimement. Il est certain que lorsque nous engloutissons hâtivement des aliments, les trois quarts et même les quatre cinquièmes ne sont pas digérés. En fletchérisant (livre page 92) notre nourriture, nous assurons à nos aliments une assimilation parfaite; nous diminuons les fermentations intestinales, causes de tant de maux; nous supprimons radicalement tout encombrement intestinal. Qui ne voudrait s'efforcer de suivre ? ces sages recommandations ?

 

Si votre gloutonnerie vous a donné des troubles, même graves, vous pouvez y remédier par une hygiène de votre digestion. Les Docteurs Pascault et Monteuuis insistent sur le rôle de la mastication dans le traitement des maladies chroniques liées à l'arthritisme, et on sait qu'elles sont nombreuses. Ils conseillent, à ceux qui veulent se guérir eux-mêmes,. de faire l'expérience suivante:

 

« D'abord prenez le temps de manger, leur disent-ils, et si, a midi par exemple, vos occupations ne vous permettent pas de rester à table, réduisez la quantité d'aliments, quitte à vous rattraper le soir. Au petit déjeuner du matin, vous avez plus de loisirs ? Alors, mâchez votre lait, la bouche fermée, en le brassant avec la langue et les joues, dix, vingt fois de suite; mâchez votre pain (lequel sera grillé et non trempé) pendant dix secondes, montre en main, puis pendant quinze, vingt, trente secondes, jusqu'à ce qu'il soit absolument réduit en bouillie; ne comptez pas y arriver du jour au lendemain, sachez attendre et persévérer. Faites de même aux grands repas; cassez du pain dans votre soupe (c'est peut-être incorrect, mais c'est très salutaire); mangez vos purées avec des croûtons; entre chaque plat, toujours pour apprendre à mâcher, croquez une ou deux noix ou noisettes; en somme, mastiquez méthodiquement tout, principalement les potages, les purées, le pain et tous les mets dans lesquels entre de l'amidon sous une forme quelconque.

 

Vos dents, incisives, canines et molaires sont des couteaux, « des crocs, des meules.

 

Ils doivent accomplir leur besogne. La nature les a mis dans votre bouche pour que vous puissiez couper, déchirer et broyer les aliments. Travail préparatoire indispensable aux mystérieuses combinaisons chimiques qui vont s'opérer dans les profondeurs de vos organes. Ce premier : acte est intimement lié à ceux qu'il précède. Vous devez donc maintenir vos dents en bon état, les préserver de toute carie, de toute altération.

 

Vous pouvez éviter tous ces inconvénients:

 

1°. — En diminuant l'ingestion d'aliments et de boissons sucrés (cidre doux) et surtout le sucre et les sucreries;

 

2°. — En lavant vos dents à la brosse énergiquement à votre lever et à votre coucher et aussitôt après chaque repas; en garnissant votre brosse, de temps en temps, de craie menthée qui nous paraît être un dentifrice des meilleurs; cette craie menthée se trouve chez tous les pharmaciens et est d'un prix modique;

 

3°. — En recourant au dentiste dès que vous apercevrez le moindre point noir sur vos dents. Faites les plomber si elles ne sont pas trop cariées. Et si votre dentition est par trop mauvaise, faites-vous faire, par un dentiste compétent, une pièce dentaire; elle vous est indispensable pour la parfaite mastication de vos aliments.

 

Buvez le moins possible aux repas. C'est une très mauvaise habitude que de boire beaucoup en mangeant; c'est elle qui nous pousse à déglutir des nourritures insuffisamment mastiquées. Un verre à un verre et demi par repas est une quantité que nous ne devrions pas dépasser. Certains hygiénistes conseillent même de supprimer toute boisson pendant l'ingestion des aliments et de boire le verre d'eau, soit aussitôt le repas terminé, soit dans le courant de la journée, mais manger sans boire paraîtra difficile à beaucoup.

 

Ne lisez jamais au cours d'un repas. Détendez votre esprit. Evitez toute dépense d'énergie psychique. La plus grande partie de vos forces nerveuses doit se concentrer autour de vos centres digestifs où elle est indispensable.

 

Que vos repas soient toujours pris aux mêmes heures. La régularité dans toute votre conduite, — repas, travail, repos, — est indispensable si vous voulez parvenir à la parfaite maîtrise. Observez la nature, et vous trouverez en elle un rythme merveilleux auquel vous vous conformerez de plus en plus. Tout y demeure soumis: le jour succède à la nuit; la mer, sous l'influence lunaire, manifeste une activité régulière avec son flux et son reflux; les astres gravitent majestueusement sur leurs orbes; les saisons se succèdent dans un ordre immuable; la plante, toujours aux mêmes époques, germe, croît, fleurit et meurt; les animaux se lèvent et se couchent aux mêmes heures, se reproduisent à des saisons déterminées. C'est la loi du Rythme et du Cycle que nous avons développée dans nôtre ouvrage: La Science secrète.

 

Les anciens hermétistes ont soutenu cette théorie que l'être humain ou petit monde (microcosme), n'est qu'un reflet du grand monde (macrocosme) et qu'il est soumis aux mêmes lois. C'est là une profonde vérité pour qui observe et réfléchit. Mais il faut sortir du brouhaha du monde pour atteindre les hautes cimes. Là haut, le regard étreint le panorama enchanteur...

 

Ce rythme, cette palpitation sont visibles en nous: nous les constatons dans notre activité nerveuse (à une période de veille, d'activité, succède une période de sommeil, de repos) dans notre fonction circulatoire (contraction et détente du cœur, systole et diastole), dans notre jeu respiratoire (aspiration et expiration de l'air). Cherchez donc à vous conformer à cette cadence qui est une des Lois de la Vie. Travail et repos bien proportionnés. Réveil et sommeil aux même heures »

 

Prenez vos repas avec régularité. Le matin au saut du lit et le soir avant de vous mettre au lit, présentez-vous même sans; en éprouver le besoin. Vous nous avez compris.

 

Les médecins se sont posé la question de savoir si nous devons prendre de l'exercice aussitôt après le repas. Il est certain que tous les suralimentés éprouvent, après avoir mangé, une pesanteur d'estomac, une lourdeur générale, des poussées de chaleur, une sensation désagréable de trop plein, et qu'ils n'ont qu'une hâte, celle de s'enfoncer dans un fauteuil et d'y attendre une délivrance que leur organisme fatigué ne leur donne pas avec toute la célérité qu'ils souhaiteraient. Mais nous sommes là en présence de cas pathologiques, et: l'être qui se nourrit logiquement et sainement n'éprouve jamais aucun trouble.

 

Le mouvement stimule toutes nos fonctions.

 

Il s'ensuit donc que l'exercice aussitôt après le repas — un exercice doux, modéré, comme la marche, — ne peut être qu'excellent et nous le conseillons à ceux dont les fonctions digestives ne sont pas trop profondément troublées. Marche régulière, d'un pas assez actif sans être cependant rapide, pendant un quart d'heure à une demi-heure. Durant cette promenade, respiration ample et bien rythmée et dérivation de l'esprit vers des idées plus calmes. Cette stimulation sera de la plus grande utilité aux nerveux, aux agités, aux hommes d'action, aux travailleurs de l'esprit, aux surmenés; elle permettra à tous ceux qui surproduisent de rejoindre leur bureau avec la tête dégagée, un cœur plus joyeux, un esprit plus lucide, un corps plus souple. Aux tournants de la vie, aux heures de crises, avant de prendre de grandes décisions, ces promenades aident le dolent à se ressaisir, à lutter, lui donnent une conscience, plus nette de la direction à prendre, de l'ordre à donner, du geste à accomplir..

 

Stimulant de la digestion, la marche est également un excellent apéritif. Nombreux sont ceux qui, une fois leur travail terminé, s'empressent de courir au café et y absorbent, en guise d'apéritifs, des drogues novices ! Les amis arrivent et les « tournées » se succèdent ! Ils se condamnent eux-mêmes, ces imprévoyants, aux pires maladies. Si ces épaves de cabaret, au lieu de chercher au fond de leurs verres une excitation factice, se décidaient à lui substituer une marche de quelques minutes, non seulement ils ne brûleraient plus leurs entrailles, mais ils trouveraient dans cette habitude un appétit normal, la maîtrise d'eux même, le mieux-être, le bonheur.

 

Toute personne soucieuse de sa santé, de son équilibre physiologique et moral, peut rompre aisément avec certaines habitudes si elles ne sont pas trop invétérées. Si vous vous laissez tenter par quelques apéritifs, réagissez contre cette funeste suggestion et, dès aujourd'hui, prenez la résolution de vous en passer. Cet acte volontaire sera déjà un premier succès et le bien-être que vous en éprouverez vous engagera à persévérer dans la voie que nous vous traçons. Mais il n'est pas facile — il est même dangereux — d'abandonner du jour au lendemain un régime mal compris pour en adopter un meilleur.

 

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24/05/2019
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