A petaouchnoc

A petaouchnoc

SAUGE DES PRÉS (Salvia officinalis et pratensis)

(Grande sauge, herbe sacrée, salel, thé sacré, thé de Gréce, thé de Provence)

 

"Qui a de la sauge dans son jardin, n'a pas besoin d'un médecin" (dicton provençal)

 

Indications :

 

     Apoplexie, paralysie, sueurs nocturnes,  faiblesse, crampes, affections de la moelle épinière, des glandes,  tremblements des membres, foies fatigués, gonflements dépuratif, expectorer, nettoyer l’estomac, appétit, diarrhée, troubles intestinaux, inflammations des amygdales, maux de gorge, suppurations dentaires (pyorrhée alvéolaire),  inflammations de la gorge et de la cavité buccale saignements des dents, dents branlantes et ulcérations des gencives, faiblesse des nerfs, maladies du bas-ventre, règles, ménopause, rhumatisme, sciatique.

 

SAUGE 1.JPG

 

     La sauge est sans conteste la reine des plantes médicinales comme la rose est celle des fleurs d’agrément. Les Romains l’a considéraient comme une herbe sacrée qui se récoltait avec un cérémonial spécial sans l’intervention d’outils de fer. On sait maintenant que les sels de fer sont une substance incompatible avec la sauge.

 

     La sauge officinale est une plante originaire du sud de l’Europe et est cultivée dans les jardins. Elle atteint de 30 à 70 cm de haut, ses fleurs violettes sont en grappes irrégulières (verticiles), les feuilles opposées à l’aspect feutré blanc ont un reflet argenté et dégagent une odeur quelque peu amère et épicée. La sauge officinale doit être plantée dans un endroit protégé et ensoleillé. Je la couvre, pour la protéger du gel hivernal, avec des branches de sapin.

 

     Une autre variété de sauge des prés (Salvia pratensis) se trouve sur les talus, les prairies et les herbages. On aperçoit de loin les fleurs d’un bleu violet lumi­neux, à la senteur aromatique. Les inflorescences de la sauge des prés sont utilisées principalement pour faire des gargarismes ou pour préparer du vinai­gre de sauge (on fait macérer une poignée de fleurs dans du vinaigre naturel) que l’on utilise en frictions bienfaisantes et revigorantes, lorsqu’on est longtemps alité. Les feuilles seront récoltées en mai et juin, avant la floraison. La récolte doit se faire au soleil par une journée sèche, de préférence vers midi, car c’est à ce moment que la plante développe un maximum d’huiles éthérées. Le séchage doit se faire à l’ombre.

 

Sauge 2.JPG

 

     La plante cultivée (Salvia officinalis) contient plus de principes actifs et c’est d’elle seule dont je parlerai par la suite. Nos ancêtres connaissaient bien la sauge comme plante médicinale renommée. Un petit poème, de l’an 1300 environ dit: «Pourquoi un homme mourrait-il puisqu’il y a de la sauge dans son jardin?» Le nom seul donne une idée de la haute estime dans laquelle on la tenait jadis. En effet, salvia vient du latin «salvare» qui veut dire: guérir, soigner.

 

     La sauge est apéritive et tonique. Elle stimule le système nerveux vago-moteur, active la circulation , soutien le cœur et de ce fait elle est particulièrement indiquée aux convalescents aux surmenés et déprimés ; aux femmes mal réglées ou en période de ménopause.

 

     La tisane de sauge bue avec assiduité fortifie le corps, protège de l’apoplexie et agit très favorablement dans les cas de paralysie. Elle est, avec la lavande, la seule plante qui aide contre les sueurs nocturnes. Elle guérit la maladie qui cause les sueurs nocturnes, par ses vertus revivifiantes, elle élimine la faiblesse qui va de pair avec ce mal. — Beaucoup de médecins ont reconnu les qualités de la sauge; ils l’utilisent contre les crampes, les affections de la moelle épinière et des glandes et aussi contre les tremblements des membres, avec les meilleurs résultats. Pour les maux dont on vient de parler, il faut boire deux tasses par petites gorgées absorbées tout au long de la journée.

 

     La tisane agit aussi sur les foies fatigués, supprime les gonflements consécutifs aux dérangements hépatiques. Elle agit comme dépuratif, aide à expectorer et nettoyer l’estomac, elle excite l’appétit et évite la diarrhée et les troubles intestinaux. En usage l’externe, elle est hautement recommandée contre les inflammations des amygdales, les maux de gorge, les suppurations dentaires (pyorrhée alvé­olaire), les inflammations de la gorge et de la cavité buccale. Bien des ablations d’amygdales auraient été évitées à des enfants ou à des adultes si on avait fait intervenir la sauge en temps utile. Quand les amygdales ne remplissent plus leurs fonctions de police de l’organisme en arrêtant et en détruisant les substances toxiques, celles-ci agissent sur les reins. La décoction de sauge aide aussi contre les saignements des dents, les dents branlantes et les ulcérations des gencives. On se gargarise ou on applique des tampons d’ouate imbibés de tisane sur les endroits à soigner. Les personnes faibles des nerfs ainsi que les femmes malades du bas-ventre devraient, de temps en temps, prendre un bain de siège de sauge (voir Généralités à bain de siège).

 

sauge 3.JPG

 

     Au XVIIIe siècle, on roule les feuilles de sauge comme des cigarettes. Tous les asthmatiques se mettaient à fumer de la sauge dès l'apparition du premier pollen printanier. La plante était associée à l'immortalité et à la longévité. Certains groupes d’Améridiens mélangeaient la sauge avec de la graisse d'ours pour guérir les problèmes de peau. On a aussi utilisé la plante pour traiter les verrues.

 

     Les Grecs, les Romains et les Arabes l'employaient communément comme tonique et en compresse contre les morsures de serpent. Au XVIe siècle, le botaniste Jacob Tabernae Montanus raconte que les femmes égyptiennes avaient l'habitude de boire du jus de sauge pour accroître leur fertilité.

 

     La sauge possède une action œstrogénique, c'est un régulateur hormonal qui agit sur la sphère urogénitale féminine.

 

    Les piqûres d’insectes sont soulagées par un emplâtre de feuilles de sauge écrasées. Outre ses vertus curatives, la sauge a droit de cité dans la cuisine. On la met en petite quantité comme le thym et la sarriette, dans les viandes grasses comme le porc, l’oie ou la dinde. Le gibier aussi peut être parfumé à la sauge. Il faut aussi, pour des raisons de santé, ne pas oublier la sauge dans les fromages aux herbes et dans les sauces d’accompagnement. Dans certaines contrées, on fait des gâteaux secs à la sauge. Comme pour l’anis, on mélange des feuilles de sauge hachées à la pâte.

 

     Des feuilles de sauge séchées et fumées en guise de tabac soulagent les asthmatiques.

 

     Une pincée de feuille de sauge infusée cinq minutes dans une tasse de lait bouillant fait avorter le rhume ou angine à son début.

 

     L’infusion de sauge froide est indiquée contre les diarrhées du nourrisson.

 

     Des feuilles de sauge brûlées sur un brasier ou mises à bouillir dans une casserole découverte désinfectent les locaux où des malades contagieux ont séjourné.

 

UTILISATION

 

Tisane:

 

     1 cuillère à thé bien remplie dans ¼  de litre d’eau bouillante, infuser rapidement.

 

Décoction :

 

     15 grammes de feuilles pour 1 litre d’eau. Faire bouillir 5 minutes et laisser infuser autant. ( en gargarisme pour les bains de bouche : abcès, gingivite, angine, aphtes, angine). Et à dose plus forte 100 g pour un litre d’eau, en compresse, elle fait disparaître l’eczéma, les dartres, les boutons et cicatrise les plaies qui guérissent mal). Mêlée en proportion égale avec du rhum et appliquée en lotion quotidienne elle stoppe la chute des cheveux et combats les pellicules.

 

Onguent :

 

     Piles dans un mortier 5 bonnes poignées de sauge fraîche ; mêlez-les avec 500 g de saindoux non salé ou du beurre frais et faites bouillir à feux très doux jusqu’à ce que l’humidité de la plante soit évaporée. Passez – encore chaud – en exprimant à travers d’un ligne fin. Gardez bien fermé dans un pot de grés ou de verre. Des massages matin et soir, en faisant bien pénétrer l’onguent dans la peau fortifie les nerfs, assouplissent les articulations et sont indiqués en cas de rhumatisme, goutte, sciatique ou douleurs musculaire.

 

 

Vinaigre de sauge:

 

     Remplir une bouteille de fleurs de sauge des prés puis couvrir de vinaigre naturel. Laisser macérer deux semaines au soleil ou au chaud (26°).

 

Vin de sauge :

 

     Faire macérer huit à dix jours 80 à 10O g de feuilles de sauge fraîches dans un litre de bon vin blanc ; sucrer au miel selon les gouts. Passer en exprimant à travers un linge fin. Un verre à Madère avant chaque repas. Ce vin est aussi recommandé contre les bronchites chroniques, les sueurs nocturnes et les vertiges.

 

 

Bains de siège:

 

     2 fois deux mains jointes bien remplies de feuilles de sauge, si possible fraîches dans de l’eau froide. Laisser macérer toute la nuit. Le lendemain, amener à ébullition et verser dans le bain.

 



25/07/2016
1 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 49 autres membres